EADS - JUSTICE

Jean-Paul Gut, ex-dirigeant d'EADS, mis en examen

L'ancien directeur général délégué d'EADS, Jean-Paul Gut, a été mis en examen pour délit d'initié. Après Noël Forgeard, mis en examen le 30 mai dernier, Jean-Paul Gut est la deuxième personne mise en examen dans cette affaire.

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Deux semaines après l'ancien coprésident d'EADS Noël Forgeard, l'ancien directeur général délégué du groupe, Jean-Paul Gut, soupçonné d'avoir tiré profit d'informations privilégiées sur le groupe d'aéronautique européen, a à son tour été mis en examen pour "délit d'initié".

Placé en garde à vue lundi dans les locaux de la Brigade financière, il a été présenté dans la nuit de mardi à mercredi aux juges Xavière Simeoni et Cécile Pendaries qui lui ont notifié sa mise en examen et son placement sous contrôle judiciaire.

Ce contrôle prévoit le versement d'une caution de 400.000 euros, a-t-on appris mercredi de source judiciaire.

Le délit d'initié est passible de deux ans d'emprisonnement et d'une amende pouvant atteindre 10 fois le montant du profit qui en a été tiré.

Assurant mardi midi dans un communiqué qu'il n'avait commis aucun délit d'initié, ses avocats n'ont pas souhaité commenter mercredi sa mise en examen.

Ancien co-numéro deux d'EADS jusqu'en juin 2007, Jean-Paul Gut est soupçonné d'avoir bénéficié d'informations privilégiées sur les perspectives financières pessimistes du groupe aéronautique et de défense européen ainsi que sur des retards dans les programmes du très gros-porteur A380 et du long-courrier A350.

Entre le 9 et le 29 novembre 2005 puis entre le 8 et le 24 mars 2006, M. Gut avait exercé ses droits sur respectivement 100.000 et 75.000 stock-options et dégagé plus de 1,7 million d'euros de ces opérations, selon le rapport du gendarme de la Bourse que l'AFP a consulté.

Or, selon l'AMF, M. Gut et d'autres membres du comité exécutif d'EADS auraient eu des informations privilégiées sur la dégradation des perspectives financières d'Airbus "au plus tard le 3 novembre 2005" et "devaient s'abstenir de les utiliser en cédant des actions EADS".

En tout, 17 dirigeants et anciens dirigeants français et allemands d'EADS et d'Airbus, sa principale filiale, sont soupçonnés de délit d'initié par l'Autorité des marchés financiers.

Parmi eux figurent l'actuel patron d'Airbus l'Allemand Thomas Enders ou encore les Français François Auque, pdg de la filiale espace d'EADS Astrium, et Fabrice Brégier, ancien pdg d'Eurocopter, aujourd'hui chez Airbus.

A ce stade, seuls deux anciens dirigeants du groupe sont poursuivis sur le plan pénal. Outre M. Gut, l'ancien coprésident exécutif d'EADS Noël Forgeard a été mis en examen le 30 mai pour délit d'initié et s'est vu infliger le versement d'une caution d'un million d'euros.

M. Gut avait demandé à être entendu "au plus vite par les magistrats" afin d'éviter "des analyses biaisées et des présentations délibérément orientées des faits", selon ses avocats dans un communiqué mardi.

L'audition de Jean-Paul Gut devait lui permettre de "démontrer qu'il ne bénéficiait d'aucune information privilégiée lorsqu'il a décidé de procéder à la levée de ses stocks-options", avaient expliqué Mes Eric Dezeuze, Yves Repiquet et Diane Pasturel.

Cette vente s'inscrivait, selon eux, "dans le cadre de sa pratique constante de levée de ses options" et "s'est déroulée dans le strict respect des réglementations et des règles internes d'EADS, et aux dates autorisées".

Un an et demi après l'ouverture de l'enquête judiciaire, cette deuxième mise en examen intervient dans un contexte difficile pour le groupe, en proie à des tensions entre Français et Allemands et de nouveaux retards de livraison de l'A380.
 

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