FRANCE - DOPAGE

Adoption d'une nouvelle loi antidopage

Les sportifs en possession de produits dopants seront passibles d'une peine de cinq ans de prison et 75 000 euros d'amende, selon un projet de loi adopté par le Parlement français, quelques semaines avant le Tour de France et les JO.

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La majorité UMP et ses partenaires du Nouveau centre ont approuvé le texte, les communistes se sont abstenus par la voix de l'ex-ministre des Sports Marie-George Buffet, lors d'un ultime vote à l'Assemblée nationale sur les conclusions de la commission mixte paritaire (CMP, Assemblée-Sénat).

Les socialistes ont voté contre, alors qu'ils s'étaient abstenus en première lecture et lors de la CMP.

Le texte, qui devrait être promulgué dans les prochains jours, prévoit une peine de maximale de cinq ans de prison et 75.000 euros d'amende pour le sportif en cas de détention de produits dopants. Cette peine ne s'appliquera qu'à la détention des substances les plus lourdes (EPO, anabolisants, cocaïne...).

La France est désormais, après l'Australie, le pays le mieux préparé au monde dans la lutte antidopage, s'est félicité le député UMP Bernard Depierre, approuvé par le secrétaire d'Etat aux Sports, Bernard Laporte.

"La mise en oeuvre de la loi devra être rapide", a-t-il ajouté, avant le Tour de France et les Jeux Olympiques de Pékin à partir du 8 août.

Mme Buffet a de nouveau déploré la pénalisation des sportifs, qu'elle qualifie de "double peine".

"L'histoire de Franck Vandenbroucke brisé par le dopage relève-t-elle de la prison ou faut-il aider cet homme à sortir d'une conduite dangereuse?", s'était-elle interrogée fin avril à l'Assemblée, évoquant le destin tragique de l'enfant terrible du cyclisme belge, qui a tenté plusieurs fois de se suicider.

Elle s'est réjouie que le Sénat et la CMP ait ramené l'application de la sanction pénale -cinq ans de prison- aux substances les plus lourdes: "le risque de voir des sportifs derrière les barreaux en est ainsi réduit".

"C'est une loi hâtive. Espérons que l'on pourra y revenir dans les prochains mois", a conclu Mme Buffet.

Le PS a été plus loin dans l'opposition que le PCF. Son oratrice, Catherine Lemorton, a stigmatisé "un texte de circonstance concocté pour le Tour de France, un geste d'affichage politique".

Pharmacienne dans le civil, Mme Lemorton a estimé que les autorisations d'utilisation thérapeutiques (AUT) "devraient être mieux encadrées" pour ne pas servir de cache-sexe au dopage.

La députée de Toulouse a aussi déploré la baisse des crédits antidopage pour parachever son argumentaire contre la loi.

François Rochebloine (NC) a regretté l'absence d'unanimité sur ce texte qui entend combattre "un fléau universel". Avec d'autres, il a aussi insisté sur l'importance de la prévention.

Un point a fait l'unanimité: tous les orateurs ont souhaité bonne chance aux sportifs français à Pékin, après l'élimination des Bleus à l'Euro.
 

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