TALIBAN - OTAN

Fin de l'offensive de l'armée afghane et de l'Otan contre les Taliban

L'offensive conjointe de l'armée afghane et des forces de l'Otan, visant à "nettoyer" des Taliban un district du sud de l'Afghanistan, a pris fin. Selon le ministère de la Défense afghan, 56 Taliban ont été tués. (Récit : M. Amellal)

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L'offensive d'un millier de soldats afghans et de l'Otan a permis de chasser les talibans de villages qu'ils occupaient dans le sud de l'Afghanistan, et 56 insurgés ont été tués en deux jours de combats, a affirmé jeudi le ministère de la Défense.

"Le district d'Arghandab a été entièrement nettoyé de toute présence ennemie. Au cours de l'opération, 56 ennemis ont été tués. Deux soldats ont perdu la vie, ainsi qu'un civil", a annoncé jeudi le porte-parole du ministère de la Défense, le général Mohammad Zahir Azimi.

La grande majorité ont été tués par des tirs d'hélicoptères et d'artillerie, en soutien des troupes au sol, a-t-il précisé.

Il était impossible de vérifier ces bilans de source indépendante.

Soldats et policiers afghans, soutenus par la Force internationale d'assistance à la sécurité (Isaf) de l'Otan, avaient lancé mercredi matin une opération de "nettoyage" visant les talibans dans le district d'Arghandab, à moins de 20 km de Kandahar, la grande ville du sud du pays.

Pour sa part, l'Otan a répété tout au long de l'opération qu'aucun combat majeur n'avait eu lieu.

"Il n'y a eu que des incidents mineurs. Les insurgés étaient là, mais certainement pas aussi nombreux ni aussi bien installés qu'ils le revendiquaient", a indiqué le général Carlos Branco, porte-parole de l'Isaf.

"Il s'agit davantage d'une série de petits engagements avec l'intervention ponctuelle de frappes aériennes et d'artillerie que d'une vraie bataille", a approuvé Mark Laity, porte-parole civil de l'Otan.

"Après la récente évasion, nos capacités ont été remises en cause. Nous avons apporté une réponse rapide et convaincante", s'est-il félicité.

La province de Kandahar, berceau des talibans, est encore aujourd'hui l'un de leurs bastions. Vendredi, un de leur commando a pris d'assaut la prison de Sarposa, à Kandahar, libérant de 900 à 1.100 prisonniers, parmi lesquels 400 talibans présumés.

"La plupart des terroristes dans le district étaient des étrangers. Suivant les traces des occupants soviétiques, les terroristes étrangers et leurs collaborateurs afghans ont abondamment miné le district", a dénoncé le général Azimi.

Le gouverneur de la province de Kandahar, qui avait auparavant affirmé que "des centaines" de talibans avaient été tués ou blessés dans l'opération, avait également assuré qu'une partie d'entre eux étaient étrangers.

"Nous avons intercepté des conversations radio en ourdou (la langue nationale au Pakistan voisin, ndlr), ce qui indique qu'il y a des étrangers parmi les talibans", avait indiqué Assadullah Khalid.

Le district d'Arghandab, véritable voie d'accès à Kandahar, revêt une grande importance stratégique. La progression des troupes dans cette zone couverte de vergers et de jardins a été prudente, en raison des craintes de bombes dissimulées, selon l'Isaf.

Sur place, on n'entendait plus jeudi le bruit des hélicoptères de l'Otan survolant la région, pas plus que les coups de feu sporadiques qui avaient marqué la journée de mercredi, selon un correspondant de l'AFP.

Les talibans ont lancé une insurrection meurtrière depuis qu'ils ont été chassés du pouvoir à la fin 2001 par une coalition internationale emmenée par les Etats-Unis. Les violences ont redoublé d'intensité depuis près de deux ans malgré la présence de 70.000 soldats de deux forces multinationales, l'une de l'Otan, l'autre sous commandement américain.
 

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