JO 2008 - REPORTAGE

Le BMX s'invite aux Jeux olympiques

Pour la première fois, il y aura du BMX aux JO de Pékin. Un sport dans lequel la France a de grandes chances de médailles. Reportage de Sylviane Bähr et Guillaume Martin au Creps d'Aix-en-Provence avec les athlètes français.

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BMX : mode d’emploi


Pour ceux qui ne seraient pas encore familiers avec les potence-head sets, pegs  et autres bunny-ups, voilà un petit guide pour ne pas passer complètement  pour un has-been à côté de votre ado en baggy.

Le BMX (acronyme qui désigne Bicycle Moto Cross, le « X » signifie cross en anglais) a été inventé en Californie dans les années 60, mais la fédération internationale ne verra le jour qu’en avril 1981. Elle s’est finalement rattachée à l’Union cycliste internationale (UCI) en 1993. 

Plusieurs disciplines cohabitent dans le monde du vélo cross : le flat, le dirt, le street, le vert mais seule la race, la course, a été retenue pour le moment aux Jeux Olympiques.

Le principe de la course est simple : huit coureurs sur des vélos d’environ 12 kg et très maniables, s’élancent sur un parcours d’obstacles (bosses, virages, sauts) en terre battue d’une longueur d’environ 350m. Les quatre premiers se qualifient pour la manche suivante jusqu’à la finale.

Les coureurs n’ont pas le droit de se faire tomber volontairement, au risque de prendre des points de pénalités ou d’être éliminés. Comme dans un boarder-cross de ski ou snowboard, le spectacle est toujours au rendez-vous.

Le haut du tableau est dominé par l’équipe des Etats-Unis avec à sa tête le champion du monde en titre, Kyle Bennett. Côté européen, on n’est pas en reste : on notera la forte présence des Lettons au physique impressionnant. Les Français sont aussi en embuscade, notamment avec Thomas Hamon, 6ème européen.


Un sport de haut niveau


L’échéance des Jeux est encore loin mais au pôle d’Aix-en-Provence (Bouches-du-Rhône) où toute l’équipe de France, homme et femme, s’entraîne, la flamme est déjà présente dans l’esprit des coureurs.

"Il y aura d’abord le Championnat du monde à Adelaïde en Australie (ndlr : du 12 au 13 avril), même si les JO sont dans les têtes de tout le monde et surtout la sélection de la délégation", reconnait Thomas Hamon (22 ans).

Loin du cliché du sport rebelle et marginal, les longues séances d’exercices physiques, et les heures de travail technique font partie intégrale du BMX. Thomas s’attend à une rude bataille pour faire partie des 2 ou 3 sélectionnés pour les JO.
Par ce travail de fond, Fabrice Vettoretti, responsable du pôle d’Aix, espère faire gagner la reconnaissance de la communauté sportive pour que ces Jeux de Pékin donnent au BMX sa place qui lui revient dans le cercle des sports de haut niveau.

Thomas Hamon aime à comparer l’introduction du snowboard aux Olympiades d’hiver de Nagano en 1998 à celle du vélo cross, en admettant que même s’il y a une certaine rigueur et une certaine compétition entre les coureurs, le cœur du BMX demeure ludique. "Il reste quand même une culture fun sur le circuit et bien sûr du spectacle. Pour ça, on s’inspire de l’esprit du snowboard que partage le BMX".
Au risque de voir son sport s’institutionnaliser, Fabrice Vettoretti préfère voir au contraire l’institution olympique suivre les mœurs d’une société qui a changé.

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