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Le cauchemar américain d'EADS

La conquête de l'Ouest attendra. Le méga-contrat d'avions ravitailleurs qui avait été remporté aux Etats-Unis par l'européen EADS et son partenaire américain Northrop pourrait être reconsidéré. (Reportage : France 2)

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Le champagne a dû tourner au vinaigre pour Louis Gallois. Mercredi, le patron d’EADS assiste à une petite fête lorsqu’il apprend la nouvelle : l’Amérique n’est pas encore gagnée, la cour des comptes américaine (GAO) recommande à l'US Air Force de rouvrir l'appel d'offres remporté début mars par le consortium EADS / Northrop Grumman. Ce contrat historique prévoit la vente de 179 avions ravitailleurs, pour un montant de 35 milliards de dollars.

 

Battu sur ses terres, Boeing avait en toute logique déposé un recours contre cette décision. Un recours aujourd’hui appuyé par la GAO. Selon l'organisme, l'armée de l'air a commis "un certain nombre d'erreurs significatives" qui pourraient avoir affecté l'issue de l'appel d'offres. Un problème de procédure en quelque sorte.


Quelle suite des évènements peut-on aujourd’hui envisager?


D’abord, le Pentagone n’est pas contraint par la décision de la Cour. Celle-ci ne rend qu’un avis consultatif, même si celui-ci est généralement suivi. Le ministère de la Défense américain veut du temps avant de se prononcer, il souhaite d’abord lire le compte-rendu, avant de décider ou non de relancer l’appel d’offres. Il dispose de 60 jours pour prendre cette décision.


Si appel d’offres il y a, EADS se déclare confiant. Son président Louis Gallois rappelle que son avion, le KC 45, a gagné quatre compétitions avant la victoire aux Etats-Unis. Même son de cloche du côté de Northrop Grumman, l’entreprise américaine alliée à EADS pour ce projet. Celle-ci affirme avoir proposé "le tanker le plus moderne et le plus capable".


Seul problème, certains analystes tablent désormais sur une volte-face de Northrop. L’entreprise américaine pourrait retourner sa veste et s’allier avec… Boeing. Aucun signe n’est pour l’instant venu appuyer cette théorie. D’autres évoquent encore un partage de ce gigantesque contrat entre Boeing, Northrop et EADS. A suivre…


Quoi qu’il en soit, ce dossier est aussi un dossier politique. Chaque scénario, s’il a lieu, ne se jouera  probablement pas avant l’élection présidentielle américaine de novembre.


EADS doit maintenant se montrer patient après une semaine agitée. Le groupe européen a vu mardi la mise en examen de son ancien directeur général Jean-Paul Gut (toujours dans cette affaire de délit d’initié).

 

Il y a aussi cette plainte collective déposée aux Etats-Unis contre EADS et les inquiétudes autour du calendrier de construction de l’avion militaire A400M. Face à ces mauvaises nouvelles, l’action EADS est logiquement entrée dans une zone de turbulences.

 
La saga EADS n’est décidément pas terminée.

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