ARGENTINE - AGRICULTURE

Mouvement social contre manifestation pro-Kirchner

En Argentine, les dirigeants des syndicats agricoles annoncent la prolongation de leur mouvement social tandis qu'à Buenos Aires des milliers de gens ont manifesté leur soutien au gouvernement de Cristina Kirchner. (Récit : M. Gaudin)

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La présidente argentine Cristina Kirchner a exhorté mercredi à Buenos Aires les agriculteurs à libérer les routes et à reprendre le dialogue, mais ces derniers ont annoncé dans la soirée la poursuite de leur mouvement au moins jusqu'à vendredi.

"Au nom de la démocratie, je vous demande de libérer les routes, de laisser les Argentins produire et travailler", a-t-elle déclaré à l'adresse du "campo", la campagne argentine, devant des milliers de ses partisans réunis dans le centre de Buenos Aires.

Peu convaincus, les organisations agricoles ont annoncé à l'issue d'une réunion mercredi soir la prolongation de leur mouvement de grève de commercialisation des grains (céréales et soja) au moins jusqu'à vendredi minuit. Les barrages routiers qui entravent la circulation dans de nombreuses régions du pays, et dont la présidente avait demandé la levée immédiate, ne seront pas levés mais la circulation des camions chargés de denrées alimentaires autres que les céréales ou le soja ne sera pas entravé, ont précisé ces organisations.

La présidente n'a pas épargné les agriculteurs en colère de ses critiques, lors de son discours retransmis par les télévisions argentines, mais elle leur a aussi tendu la main en les invitant à se joindre à un pacte social qu'elle entend conclure avec les forces vives de la nation dans la perspective du bi-centenaire de l'Argentine en 2010.

"Je veux convoquer tout le monde pour que nous discutions dans le cadre de cet accord du bi-centenaire comment améliorer nos politiques agro-alimentaires pour produire plus mais aussi pour que les Argentins continuent à bien manger", a-t-elle déclaré devant une foule compacte, rassemblée place de Mai, lieu emblématique des manifestations en Argentine.

Cette nouvelle démonstration de force, après une première mobilisation en mai, faisait écho à une journée d'action dans le monde rural.

Les agriculteurs protestent depuis plus de trois mois contre une hausse de 25% de la taxe à l'exportation de soja, principale richesse agricole du pays.

La veille, Mme Kirchner avait également décidé de proposer au Parlement argentin un texte de loi sur les taxes à l'exportation de grains, contribuant ainsi à faire baisser la tension.

Lundi soir, des milliers de personnes étaient descendues dans la rue dans plusieurs villes du pays, y compris à Buenos Aires, pour manifester leur soutien aux agriculteurs.

Le dépôt de ce projet de loi au Parlement, salué mardi comme une décision "positive" par les dirigeants agricoles n'a toutefois pas entamé leur détermination.

Dès mardi soir, certains dirigeants agricoles ont ainsi exprimé des doutes sur la pertinence de ce projet dans la mesure où le gouvernement a averti qu'il ne serait pas possible, pour des raisons constitutionnelles, de l'amender et que le Parlement ne pourrait que l'accepter en l'état ou voter contre.

Or, la présidente dispose d'une majorité confortable tant à la Chambre des députés qu'au Sénat.

"Nous demandons que des modifications à un projet plus ouvert surviennent par consensus. S'il est approuvé tel quel, il valide le système de taxes à l'exportation que nous remettons en question depuis 100 jours", a déclaré à ce propos mercredi Eduardo Buzzi, président de la Fédération agraire.

Les dirigeants agricoles ont également indiqué qu'ils demanderaient à rencontrer lundi la présidente, bien que cette dernière ait averti que tout dialogue serait impossible tant que les routes seraient coupées et la grève en vigueur.
 

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