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UE - PECHE

La querelle du thon relancée entre Bruxelles et Paris

3 min

En Europe, la querelle du thon rouge est relancée. Bruxelles a retiré l'autorisation de pêcher le thon en Méditerranée et provoqué la colère des pêcheurs français et de leur ministre Michel Barnier. (Récit : K. Chabour)

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Les 36 thoniers-senneurs français se sont vu retirer leur permis de pêche spécial (PPS) pour le thon rouge jusqu'à la fin de la saison, en application de la décision de la Commission européenne sur les quotas de pêche, a-t-on appris mercredi de sources concordantes.

Ce retrait leur a été notifié par les directions régionales des affaires maritimes de Languedoc-Roussillon et Provence-Alpes-Côte d'Azur sur instruction du ministère de l'Agriculture et de la Pêche.

Le PPS pour le thon rouge courait jusqu'au 30 juin mais il a été suspendu avec effet rétroactif au 16 juin, en application de la décision prise vendredi par la Commission européenne de fermer prématurément la pêche au thon rouge en Méditerranée au nom de la protection de l'espèce.

Le règlement de la Commission s'applique à compter du 16 juin pour la Grèce, la France, l'Italie, Chypre et Malte. L'Espagne peut pêcher jusqu'au 23 juin.

Une source au ministère de la Pêche a indiqué que ce retrait de permis relevait seulement de la notification technique, puisque de facto le PPS était rendu caduc par la décision européenne.

"Si on ne l'avait pas fait, la Commission aurait pu dire qu'on ne respectait pas sa décision", a déclaré cette source.

La nouvelle a cependant passablement irrité le Syndicat des thoniers méditerranéens (STM), basé à Marseille, qui regroupe désormais 25 des 36 thoniers-senneurs français. Il a décidé de porter l'affaire devant le tribunal administratif pour tenter de faire annuler le retrait.

"On mettra les moyens qu'il faut et on ira jusqu'au bout", a assuré Mourad Kahoul, président du STM, reprochant au gouvernement d'avoir cédé face à Bruxelles alors que les thoniers français n'ont pas atteint leurs quotas de pêche selon lui.

Des chiffres fournis par le STM, validés à bord des bateaux par des observateurs mandatés par le ministère, montrent que 22 de ses 25 thoniers n'ont pêché en moyenne que 29% de leur quota de thon rouge depuis le début de la saison.

Au total, le volume de pêche de ces 22 navires atteint quelque 729 tonnes, alors que leur quota cumulé est de 2.497 tonnes. Parmi eux, cinq bateaux affichent même un tonnage nul en raison du "mauvais temps", a expliqué M. Kahoul.

Le quota français pour le thon rouge est de 4.775 tonnes.

Au ministère, "ils reconnaissent qu'on n'a pas dépassé nos quotas mais ils ne veulent pas reconnaître que Bruxelles a fait un excès de zèle", a-t-il dit, dénonçant également le délai de pêche supplémentaire accordé à l'Espagne.

La source au ministère de la Pêche a reconnu que le gouvernement était "pris entre deux feux" mais a assuré "qu'il ne laissait pas tomber" les thoniers.

"Nous ne sommes pas d'accord avec la décision d'interdire la pêche au thon" dans la mesure où Bruxelles n'a pas fourni d'éléments probants sur le dépassement des quotas. Mais "le seul recours dont on dispose est le conseil des ministres dans 10 jours", a indiqué cette source.

La France a annoncé son intention de soulever le problème lors de la réunion des ministres de la Pêche le 23 juin à Luxembourg. Le commissaire européen à la Pêche Joe Borg a cependant déjà refusé de revenir sur sa décision, malgré les protestations de l'Italie, de la France et de l'Espagne.

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