ETATS-UNIS

Adoption d'un texte sur le financement des guerres

La Chambre des représentants a adopté un texte, soutenu par le président George Bush, qui débloque 162 milliards de dollars pour financer les guerres en Irak et en Afghanistan, sans inclure de date limite pour le retrait des troupes.

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La Chambre des représentants américains a adopté jeudi un texte de compromis débloquant près de 162 milliards de dollars pour les guerres en Irak et en Afghanistan, au grand dam de l'aile la plus à gauche du parti démocrate.

Prix de ce compromis: la majorité démocrate a renoncé à inclure une date limite pour le retrait des troupes. Le texte réduit légèrement, de 165,4 à 161,8 milliards de dollars, la somme déjà votée par le Sénat le mois dernier, qui doit couvrir les coûts des opérations militaires jusqu'à l'été 2009.

"Ce projet de loi représente une victoire majeure pour nos militaires et leurs familles", s'est félicité le chef de file des républicains John Boehner. Il "leur donne les ressources dont ils ont besoin pour poursuivre leurs succès et rentrer à la maison après la victoire, pas la défaite", a-t-il ajouté.

Avant le vote, le candidat républicain à la présidentielle John McCain avait salué le compromis, tout en jugeant "malheureux que pendant des mois le Congrès à majorité démocrate ait placé la politique partisane devant les besoins essentiels de financement de la guerre".

La partie du texte finançant les opérations militaires a été adoptée par 268 voix contre 155, mais avec seulement 80 voix démocrates (et 188 voix républicaines).

La majorité a néanmoins saisi l'occasion pour faire adopter plusieurs mesures auxquelles s'étaient opposés jusqu'alors le président George W. Bush et les républicains, comme une version modernisée du "GI bill" de l'après-guerre, une loi facilitant l'accès des anciens combattants à l'université.

Le texte stipule par ailleurs que le gouvernement irakien doit dépenser autant d'argent que les contribuables américains pour financer la reconstruction, et interdit que l'administration se serve de la nouvelle enveloppe pour établir des bases permanentes en Irak.

Enfin la majorité a fait adopter une prolongation de 13 semaines des indemnités chômage, et une enveloppe de 2,65 milliards de dollars pour remédier aux ravages provoqués par les intempéries du Midwest.

Ce deuxième pan du projet de loi a été adopté par une majorité massive de 416 voix contre 12.

Mais les pacifistes de l'organisation CodePink ont été ulcérés par le compromis. "Cela nous dégoûte qu'en coulisses les démocrates et les républicains du Congrès conspirent avec la Maison Blanche pour que cette guerre se prolonge", a déclaré la cofondatrice de CodePink, Medea Benjamin.

"On ne peut pas tout faire dans un texte", a répondu la présidente démocrate de la Chambre Nancy Pelosi, tout annonçant qu'à titre personnel elle votait contre le financement.

"Comptez-moi parmi ceux qui ne seraient pas contents que le texte ne comporte pas d'échéance fixe", a-t-elle dit, tout en soulignant que "nos troupes sont exposées au danger, il est important de s'en occuper".

Le vote doit mettre fin à une impasse qui s'éternisait, alors que le Pentagone avait averti que dès ce mois-ci l'armée de Terre risquait de ne plus être en mesure de payer ses soldats.

Le mois dernier, la Chambre avait voté contre l'enveloppe demandée et en faveur d'une mesure exigeant que les troupes commencent à être retirées d'Irak sous 30 jours, une mesure sûre de se heurter au veto présidentiel.

Le chef de la majorité démocrate à la Chambre Steny Hoyer a indiqué qu'il espérait que le texte soit rapidement adopté par le Sénat puis promulgué par le président George W. Bush.

Ce vote intervient sur fond de campagne présidentielle, alors que le démocrate Barack Obama et son adversaire républicain affichent des positions diamétralement opposées.

M. Obama entend consulter l'état-major dès sa prise de fonctions, avec l'objectif de retirer les troupes de combat en 16 mois.

John McCain, convaincu que les Etats-Unis "sont en train de réussir", s'affirme prêt à laisser des militaires en Irak aussi longtemps que nécessaire.
 

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