ZIMBABWE

Tsvangirai envisage de se retirer du second tour

L'opposant zimbabwéen Tsvangirai envisage de se retirer du second tour de la présidentielle, le 27 juin, accédant au vœu de ses partisans, qui l'appellent à "ne pas participer à cette mascarade". (Récit : M. Bertsch)

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HARARE, 20 juin (Reuters) - Le candidat de l'opposition
zimbabwéenne Morgan Tsvangirai, envisage de se retirer du second
tour de l'élection présidentielle, le 27 juin, a fait savoir
vendredi un porte-parole de son parti, le Mouvement pour le
changement démocratique (MDC).


"Nous recevons une avalanche d'appels et de pressions de
partisans (du MDC), dans tout le pays, notamment dans les
campagnes, pour ne pas accepter de participer à cette
mascarade", a déclaré à Reuters le porte-parole du MDC, Nelson
Chamisa, ajoutant que le parti prendrait sa décision lundi.


Certains pays d'Afrique comme la Tanzanie, mais aussi les
Etats-Unis et la Grande-Bretagne, ont dit ne pas croire que le
second tour puisse être libre et équitable, en raison des
violences croissantes imputées par l'opposition au président
Robert Mugabe.


Le MDC affirme qu'au moins 70 de ses partisans ont été tués
dans ces violences électorales depuis que Mugabe, qui brigue à
84 ans un nouveau mandat, a terminé second du premier tour, le
29 mars, derrière Tsvangirai.


Mugabe, de son côté, tient l'opposition pour responsable des
violences et menace de faire arrêter Morgan Tsvangirai, lequel a
d'ores et déjà été interpellé brièvement, à cinq reprises, ces
deux dernières semaines.


Tendai Biti, secrétaire général du MDC, est quant à lui
derrière les barreaux pour trahison, accusation qui pourrait lui
valoir la peine capitale s'il est reconnu coupable. Un tribunal
de Harare a décidé vendredi de la maintenir en détention
jusqu'au 7 juillet.


"Je suis d'avis qu'il existe des soupçons suffisamment
fondés pour penser que l'accusé a commis les délits mentionnés.
Par conséquent, la demande (de remise en liberté) est rejetée",
a déclaré le magistrat Mishrod Guvamombe.





LA TROÏKA DUBITATIVE


A Bruxelles, les dirigeants de l'UE réunis en Conseil
européen devraient, au vu du projet de communiqué final, menacer
le Zimbabwe de nouvelles sanctions. Pour l'heure, l'UE impose un
embargo sur les armes, ainsi qu'une interdiction de visas et un
gel des avoirs pour les hauts responsables du Zimbabwe.


"Le Conseil européen réaffirme qu'il est prêt à prendre de
nouvelles mesures contre les responsables des violences", lit-on
dans le projet de communiqué.


La Communauté de développement d'Afrique australe (SADC),
qui regroupe 14 pays de la région dont le Zimbabwe, a prévu
d'envoyer 380 observateurs sur le terrain pour superviser le
déroulement du second tour.


Une troïka de ministres des Affaires étrangères de pays de
la SADC, dont la Tanzanie qui préside l'Union africaine (UA), a
déclaré jeudi douter que le second tour puisse se dérouler
librement, cela après avoir pris connaissance de rapports
d'observateurs déjà sur place.


Le président sud-africain Thabo Mbeki, mandaté par la SADC
pour assurer une médiation entre le pouvoir et l'opposition,
s'est rendu mercredi au Zimbabwe pour discuter de la crise,
séparément, avec Tsvangirai et Mugabe.


Chamisa a démenti à ce propos des informations parues dans
la presse selon lesquelles Mbeki a demandé l'annulation de la
présidentielle, au profit de la formation d'un gouvernement
d'union nationale.


"Le président Mbeki n'a pas soulevé cette question. Nous
avons soulevé la question des violences électorales", a dit
Chamisa en refusant de donner davantage de précisions sur la
rencontre avec le président sud-africain.

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