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BOLIVIE - REFERENDUM

Nouveau référendum autonomiste dans une province bolivienne

3 min

La province bolivienne de Tarija est la quatrième des neuf provinces du pays à organiser un référendum sur son autonomie. Comme les précédents, le référendum a été déclaré illégal par le président Evo Morales. (Récit : M. Bertsch)

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La région bolivienne de Tarija, qui recèle 85% des réserves de gaz du pays andin, se prononce dimanche par référendum - déclaré illégal par le président socialiste Evo Morales - sur un statut de large autonomie administrative et financière.

Ce référendum autonomiste est jugé "illégal et séparatiste" par le gouvernement, tout comme ceux des régions de Santa Cruz (est), Beni et Pando (nord) qui ont été approuvés en mai et juin derniers par une très large majorité des votants.

Tarija (400.000 habitants), une région agricole du sud de la Bolivie (9 millions d'habitants) détient 85% des importantes réserves de gaz du pays. Cette région frontalière de l'Argentine et du Paraguay s'oppose à la politique de gauche du gouvernement et surtout au projet de constitution qualifié d'"indigéniste" et d'"étatiste" par les opposants libéraux.

Pour tenter d'endiguer la montée autonomiste le président Morales a tenté à deux reprises cette semaine de se rendre à Tarija pour encourager ses partisans mais il en a été empêché pour des raisons de sécurité, écrivait jeudi la quotidien La Razon.

La Bolivie traverse une grave crise politique et sociale et le dialogue entre l'opposition libérale et conservatrice et le gouvernement anti-libéral demeure bloqué. La plupart des investisseurs ont délaissé le pays andin après les nationalisations décrétés par le gouvernement de gauche accusé par les compagnies pétrolières de ne pas garantir assez la sécurité juridique.

Pour essayer de sortir de l'impasse le président a convoqué pour le 10 août prochain, un référendum révocatoire pour remettre en jeu son mandat, celui de son vice-président et ceux des neuf gouverneurs de régions, dont six sont dans l'opposition et trois soutiennent le gouvernement.

Le gouverneur de Tarija, Mario Cossio, a affirmé jeudi que ce référendum constituait "une nouvelle étape dans la conquête de l'autonomie". Devant des milliers de sympathisants réunis sur la place d'Armes de Tarija et brandissant des drapeaux blancs et rouges aux couleurs de la ville, M. Cossio a déclaré que "l'autonomie était synonyme d'égalité sociale" et que "personne ne pourrait plus toucher aux ressources de la région qui proviennent des exportations d'hydrocarbures vers l'Argentine et le Brésil.

Même si la campagne électorale s'est déroulée dans une ambiance de fête, mettant fin à une "longue période d'oubli et de mépris" de la part du gouvernement, selon les partisans de l'autonomie, le scrutin de dimanche pourrait être émaillé d'incidents.

Les militants du Mouvement vers le socialisme (MAS) soutenant le président d'origine indigèn Evo Morales, pourraient se heurter aux autonomistes qui ont reçu des renforts de la région voisine de Santa Cruz, le moteur économique du pays.

La région de Santa Cruz, riche en hydrocarbures et en agro-alimentaire a approuvé massivement en mai dernier à plus de 85% un statut d'autonomie administrative et financière.

La population de Tarija, en majorité blanche et métis, est liée historiquement à l'Argentine, le grand pays voisin d'où viennent de nombreux migrants.

La Bolivie, le pays le plus pauvre de l'Amérique du sud est coupée en deux entre les paysans indigènes aymaras et quéchuas, vivant dans les régions montagneuses de l'ouest et la population blanche et métisse des plaines du nord, de l'est et du sud.
 

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