ZIMBABWE - PRESIDENTIELLE

Des hommes armés menacent un meeting du MDC à Harare

Alors que le parti d'opposition tient un meeting pour décider de son maintien au second tour de la présidentielle, des hommes armés ont commencé à battre les participants, rapporte Reuters.

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Ecoutez le témoignage d'une femme sur les violences subies par les partisans du MDC

 

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L'opposition au Zimbabwe débattait dimanche de l'opportunité de participer au second tour de l'élection présidentielle en dépit du climat de violence, illustré par des intimidations avant un rassemblement de ses partisans prévu à Harare à cinq jours du scrutin.

Le chef de l'opposition, Morgan Tsvangirai, qui a dénié samedi à quiconque "le droit d'annuler une élection" et appelé ses compatriotes à être "courageux", devait s'exprimer au cours d'une conférence de presse chez lui à Harare, à 14H30 (12H30 GMT).

Tandis que de nombreuses voix dans le monde, de l'ONU à l'Afrique australe, ont exprimé leur crainte que le scrutin de vendredi ne soit pas crédible en raison des violences, le principal parti d'opposition, le Mouvement pour le changement démocratique (MDC), commence à se fissurer sous les coups du régime.

Le conseil national du MDC, en présence de son chef et de ses représentants dans les provinces, a discuté dans la matinée de son maintien ou non au second tour. "Il va y avoir un vrai débat. Il va y avoir des opinions différentes sur l'opportunité de participer ou non au scrutin", a déclaré à l'AFP une source au sein du parti.

Le second tour de la présidentielle doit opposer le président Robert Mugabe, 84 ans et au pouvoir depuis l'indépendance de l'ex-Rhodésie en 1980, à M. Tsvangirai, 56 ans.

Mais les violences, largement imputables aux fidèles du chef de l'Etat, se sont déchaînées depuis la déroute du régime aux élections présidentielle et législatives du 29 mars, à l'issue desquelles M. Mugabe a perdu le contrôle de la Chambre des députés et est arrivé derrière son rival au premier tour de la présidentielle.

Le principal meeting de campagne du MDC était prévu dimanche à Harare dans un climat de tension accrue. La justice a autorisé samedi ce rassemblement, qui avait été comme d'autres auparavant interdit par la police.

Avant même qu'il ne commence, jusqu'à un millier de jeunes armés de bâtons s'étaient rassemblés sur le terrain où il devait avoir lieu, avant de partir pour le quartier général du parti au pouvoir, l'Union nationale africaine du Zimbabwe-Front patriotique (Zanu-PF), ont constaté des journalistes de l'AFP.

Des témoins ont indiqué ne pas avoir pas vu les actes de violence mentionnés dans un communiqué du MDC publié à Johannesburg, selon lequel des milliers de partisans du président se sont attaqués à des opposants et à des passants, faisant aux moins deux blessés graves.

Le MDC affirme que 70 de ses partisans ont été tués depuis le 29 mars et près de 400 ont officiellement été arrêtés, dont son numéro 2 Tendai Biti.

La police a affirmé que l'opposition était la "principale responsable" des violences politiques, mais l'ONU impute la majorité des exactions aux partisans du président.

Ces passages à tabac, tortures, arrestations et déplacements de population ont fini par ébranler la détermination de certains responsables du MDC. Le président Mugabe a répété vendredi que "jamais, au grand jamais" l'opposition ne dirigerait le pays, quelle que soit l'issue du scrutin, et a brandi la menace d'une guerre civile.

Parallèlement, l'Afrique du Sud poursuivait la mission de médiation au Zimbabwe dont son président, Thabo Mbeki, a été chargé par la Communauté de développement de l'Afrique australe (SADC, 14 pays).

Deux émissaires sud-africains ont été dépêchés dans le pays, juste après une visite à Harare de M. Mbeki qui a rencontré les deux rivaux zimbabwéens. Selon la presse sud-africaine, il a tenté de convaincre son homologue d'annuler le second tour pour former un gouvernement d'union avec son rival.

Le Conseil de sécurité des Nations unies, lui aussi divisé sur la crise au Zimbabwe, doit se réunir à nouveau lundi pour examiner la situation.
   

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