IRAK - PETROLE

L'Irak va attribuer des contrats pétroliers

Afin d'augmenter la production d'hydrocarbures, les autorités irakiennes ont annoncé qu'elles allaient attribuer des contrats à 35 compagnies étrangères pour l'extraction de pétrole dans le nord et le sud du pays.

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Ces contrats vont notamment permettre aux géants mondiaux du pétrole de faire leur retour en Irak -un pays aux immenses réserves de brut- 36 ans après en avoir été chassés par Saddam Hussein.

"Nous avons choisi 35 compagnies de niveau international, selon leurs finances et leur expérience et nous leur avons donné la permission d'extraire du pétrole", a déclaré à l'AFP Assim Jihad, porte-parole du ministère du Pétrole.

Six compagnies nationales étrangères (Turquie, Vietnam, Pakistan, Thaïlande, Angola et Algérie), ont également été retenues.

Ces contrats à court terme doivent être signés le 30 juin. Le ministère du Pétrole n'a pas précisé leur durée.

Les entreprises choisies "seront les premières à avoir le droit de développer les gisements", a précisé M. Jihad, ajoutant qu'un appel d'offres serait organisé après l'adoption par le Parlement de la loi sur l'exploitation à long terme des gisements irakiens.

Les 41 entreprises retenues extrairont du brut dans le sud et le nord du pays, là où le forage est déjà fait et donc les investissements minimums.

Les autorités irakiennes ambitionnent d'extraire 3 millions de barils de brut par jour (mbj) contre 2,5 mbj actuellement (soit le niveau de production juste avant l'invasion américaine de mars 2003).

Le but dans les cinq ans est d'atteindre une production de 4,5 mbj. Actuellement, 2,11 millions de barils sont exportés chaque jour.

L'Irak dispose des troisièmes réserves de brut au monde, avec 115 milliards de barils, mais manque cruellement de technologies et de capitaux. Les sanctions internationales imposées au régime de Saddam Hussein après la guerre du Golfe en 1991 ont notamment empêché le pays de moderniser son réseau de production et de distribution.

Mais avant tout investissement étranger majeur, les députés irakiens doivent approuver une loi sur le pétrole.

Le projet de loi prévoit une distribution juste des revenus pétroliers entre les 18 provinces irakiennes.

Le ministre du Pétrole, Hussein al-Chahristani, avait dit en février qu'il espérait que la loi serait approuvée avant la fin de l'année, mais les personnes impliquées dans le dossier ont reconnu qu'aucun progrès n'avait été fait depuis.

Les observateurs se demandent notamment si la région autonome du Kurdistan irakien, dans le nord du pays, consentira à partager ses revenus pétroliers.

Son gouvernement a ainsi déjà signé 15 contrats d'exploration et d'exportation de brut avec vingt compagnies internationales après avoir adopté son propre arsenal législatif en août déclenchant la colère de Bagdad.

La loi irakienne sur le pétrole devra également trancher la question de l'accès donné aux majors occidentales sans donner l'impression qu'elle favorise les compagnies américaines.

Parallèlement, le gouvernement irakien a déjà indiqué qu'il allait faire appel à cinq majors occidentales pour des contrats d'assistance technique afin d'augmenter sa capacité de production de 500.000 barils/jour.

Le magazine spécialisé MEES avait écrit que les accords concernaient les champs pétrolifères de Kirkouk (Shell), Roumaïla (BP), Al-Zoubair (ExxonMobil), Qurna-Ouest/Phase I (Chevron et Total), de la province de Missane (Shell et BHP Billiton) et ceux de Subba et Luhais (Anadarko, Vitol, et Dome des Emirats arabes unis).

"Du personnel irakien s'occupera de l'exécution des travaux tandis que les entreprises (occidentales, ndlr) apporteront leur expertise et leur logistique", a précisé le porte-parole du ministère du Pétrole.

Ces majors étaient actionnaires de l'Iraq Petroleum Company, qui a eu le monopole sur les ressources irakiennes de 1925 à 1961. Le secteur pétrolier a été progressivement nationalisé entre 1961 et 1972.

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