ZIMBABWE -ELECTION

L'opposition au Zimbabwe ne participera pas au second tour

Le chef du MDC, Morgan Tsvangirai, a annoncé qu'il se retirait de la course à la présidentielle. Washington appelle le gouvernement à cesser la violence. (Récit : J. Knock)

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Ecoutez le témoignage d'une femme sur les violences subies par les partisans du MDC


Le chef de l'opposition au Zimbabwe, Morgan Tsvangirai, a annoncé dimanche qu'il se retirait de la course à la présidentielle, affirmant qu'il ne pouvait pas demander aux électeurs de "risquer leur vie" en votant au second tour le 27 juin.

"Nous cessons de participer à ce qui est une parodie de processus électoral, entachée de violence et illégitime", a déclaré Tsvangirai au cours d'une conférence de presse à Harare.

"Le peuple du Zimbabwe a montré sa bravoure" en votant majoritairement pour le Mouvement pour le changement démocratique (MDC, opposition) aux élections présidentielle et législatives du 29 mars, qui ont infligé une déroute historique au régime, a-t-il ajouté.

"Le peuple veut un nouveau Zimbabwe", mais le MDC "ne peut pas demander aux électeurs de risquer leur vie en votant le 27 juin", a continué Tsvangirai, qui devait affronter vendredi le chef de l'Etat sortant, Robert Mugabe, à un second tour de la présidentielle.

Depuis la défaite du régime le 29 mars, qui a vu le pouvoir perdre sa majorité de 28 ans à la Chambre des députés et Mugabe arriver derrière Tsvangirai au premier tour de la présidentielle, "200.000 personnes ont été déplacées, plus de 86 partisans du MDC ont été tués, plus de 20.000 maisons ont été brûlées et plus de 10.000 personnes blessées dans une orgie de violence", a-t-il énoncé.

"Compte tenu de ces circonstances, nous estimons impossible la tenue d'une élection qui reflète la volonté du peuple", a ajouté l'opposant, citant également la partialité de la Commission électorale du Zimbabwe et le blocage de la campagne du MDC.

"Le candidat de la Zanu-PF (Union nationale africaine du Zimbabwe-Front patriotique, parti au pouvoir, ndlr) à la présidentielle n'a aucun respect pour le MDC", a asséné Tsvangirai. "Il a déclaré la guerre en affirmant que les balles de fusil prévalent sur les bulletins de vote."

Le président Mugabe a affirmé vendredi que "seul Dieu" pouvait lui retirer un pouvoir qu'il lui a, selon lui, confié à l'indépendance en 1980, martelant que les acquis de la guerre d'indépendance ne sauraient être remis en question par une élection et menaçant de "reprendre les armes".

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