FRANCE - ISLAM

Moussaoui élu président du Conseil du culte musulman

Mohammed Moussaoui, vice-président du Rassemblement des musulmans de France, a été élu à la présidence du Conseil français du culte musulman, avec pour mission de relancer cet organisme créé en 2003 à l'initiative de Nicolas Sarkozy.

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Cet homme de 44 ans succède à Dalil Boubakeur, recteur de la Grande Mosquée de Paris, qui dirigeait le CFCM depuis 2003, mais ne s'était pas représenté et a boycotté les élections. Il dénonçait le fait que le scrutin était organisé sur des critères basés sur les surfaces des lieux de culte en France.


Il a félicité son successeur, de même que la ministre de l'Intérieur et des Cultes Michèle Alliot-Marie. Elle a déclaré dans un courrier qu'il lui appartenait "de maintenir et de faire vivre l'esprit de rassemblement en recherchant en toutes circonstances l'union et la concorde entre tous les musulmans".

La ministre souhaite que le CFCM se consacre "à la gestion effective et concrète" des dossiers tels que l'organisation du pélerinage à la mecque, le contrôle de la viande hallal et la construction de mosquées.


Tous ces projets sont victimes actuellement des rivalités et le plus grand désordre rêgne parfois, une action judiciaire pour escroquerie ayant ainsi été introduite contre les organismes douteux qui se consacrent aux pélerinages dans des conditions chaotiques.


L'ouverture de lieux de culte est souvent paralysée également, notamment pour des problèmes de financement.


Imam et professeur de mathématiques à l'université d'Avignon, Mohammed Moussaoui a annoncé une réforme du CFCM en évitant toute critique explicite de son précécesseur.


"La façon dont le bureau du CFCM a travaillé n'a pas été optimale", a-t-il dit aux journalistes. Il a présenté un programme d'action.

 

TROIS VICE-PRESIDENTS


Le conseil d'administration a voté à 72% en faveur d'une liste unique où figurait son nom et ceux de trois vice-présidents.


Il s'agit de Fouad Alaoui, premier vice-président de l'UOIF (Union des organisations islamiques de France, jugée proche des traditionnalistes), Chems-eddine Hafiz, un haut responsable de la Grande Mosquée de Paris et Haydar Demiryurek, président du Comité de coordination des musulmans turcs de France (CCMTF).


Les grandes tendances de l'islam français sont donc toutes représentées. Le RMF avait emporté 43.2% des voix aux élections le 8 juin, devant l'UOIF avec 30,2% et 12,7% au CCMTF.


Le différend sur le mode de scrutin cachait une lutte d'influence au sein des musulmans de France.


Elle est vue comme la plus importante d'Europe avec environ cinq millions de personnes de culture musulmane, bien qu'il ne s'agisse pas forcément de croyants ou de pratiquants.


Le problème majeur reste financier, Dalil Boubakeur restant à la tête d'une fondation mise en place en 2005 sur cette question, ce qui pourrait s'avérer problématique après son boycoot des élections.


La lutte d'influence est religieuse autant que politique, la Fédération nationale de la Grande mosquée de Paris (FNGMP) étant plutôt soutenue par l'Algérie et le Rassemblement des musulmans de France (RMF) ayant été créé en 2006 avec le soutien du Maroc.


Alors ministre de l'Intérieur, Nicolas Sarkozy avait établi le CFCM en 2003 pour représenter l'Islam au niveau national, en imposant Boubakeur à sa présidence.


La Fédération nationale de la Grande Mosquée de Paris n'occupe que 15% de la surface cultuelle en France, mais se présente comme l'organisation islamique la plus ancienne et la mieux établie du pays.


Michèle Alliot-Marie a consulté Alger et Rabat mais sans faire pression sur les membres du CFCM pour qu'ils soutiennent Boubakeur.
 

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