LIBAN - VIOLENCE

Quatre morts dans des violences au nord du Liban

Des affrontements entre opposants et partisans de la majorité dans le nord du Liban ont fait quatre morts et au moins 35 blessés. Après une accalmie de quelques heures, de nouveaux combats ont éclaté en soirée.

Publicité

Quatre personnes ont été tuées et au moins 33 blessées lors d'affrontements dimanche entre opposants et partisans de la majorité dans le nord du Liban, ont déclaré des responsables.

Les heurts ont commencé dimanche à 04H15 locales (01H15 GMT) dans le nord de Tripoli, dans les quartiers de Bab al-Tebbaneh et Jabal Mohsen, entre des militants sunnites partisans de la majorité et des Alaouites (minorité issue du chiisme), fidèles au Hezbollah, fer de lance de l'opposition soutenue par Damas et Téhéran.

Ils se sont étendus jusqu'à la zone d'al-Qobbé, dans l'est de Tripoli, où des familles ont quitté les lieux, selon un journaliste de l'AFP.

Un policier, Samer Rachid, a été tué accidentellement par balle alors qu'il se trouvait dans sa maison à al-Qobbé, a indiqué un responsable des services de sécurité sous couvert d'anonymat.

Bourhane al Khatib, 22 ans, a lui reçu une balle en plein coeur à Jabal Mohsen, a-t-on affirmé de source médicale.

Au moins 27 personnes ont été blessées à Bab al-Tebbaneh et al-Qobbé, dont une grièvement. Elles ont été transportées à l'hôpital islamique de Tripoli, selon le responsable des services de sécurité.

En outre, six personnes ont été blessées à Jabal Mohsen. La plupart des blessés l'ont été après avoir été touchés par balles alors qu'ils se trouvaient à leur domicile, selon la même source.

Bab al-Tebbaneh et al-Qobbé sont à majorité sunnite alors que les habitants de Jabal Mohsen sont des Alaouites.

Après une accalmie de quelques heures, de nouveaux combats ont éclaté en soirée à Bab al-Tebbaneh et de Jabal Mohsen, et d'intenses tirs de kalachnikovs et de roquettes pouvaient être entendus dans ces deux zones, selon le journaliste de l'AFP.

Hassan Khalil, la trentaine, et Ibrahim Sleimane Ibrahim ont été tués dans ces nouveaux affrontements, à Jabal Mohsen, a indiqué a l’AFP une source au sein des services de sécurité, sans autre précision.

En journée, des représentants des deux camps rivaux avaient tenu une réunion à Tripoli, et s'étaient mis d'accord pour que l'armée se charge de la sécurité et empêche les éléments armés de circuler, selon un participant à la réunion, s'exprimant sous couvert de l'anonymat.

En fin d’après-midi, un porte-parole de l’armee avait affirmé à l’AFP que la situation était "plutôt calme maintenant", mais qu’il restait "des éléments indisciplinés".

Des affrontements similaires ont eu lieu en mai.

Mardi, trois personnes ont été tuées lors d'accrochages armés entre les mêmes parties rivales dans deux villages de la Békaa (est), selon un responsable de l'armée libanaise.

Il s'agissait alors du bilan le plus élevé depuis les violences entre factions survenues en mai dans plusieurs régions du Liban et qui avaient fait 65 morts, faisant craindre que le pays ne bascule de nouveau dans une guerre civile.

Un accord conclu à Doha, le 21 mai, entre l'opposition et la majorité antisyrienne avait mis un terme à une longue crise politique à l'origine des combats et permis l'élection d'un président de la République, Michel Sleimane, après six mois de vide à la tête du pouvoir.

Mais les affrontements de dimanche interviennent alors que le gouvernement d'union nationale, prévu par l'accord de Doha, n'est toujours pas formé en raison de divisions sur l'attribution des portefeuilles.

Le résumé de la semaineFrance 24 vous propose de revenir sur les actualités qui ont marqué la semaine