PETROLE - PRIX

Les Saoudiens veulent rassurer les pays consommateurs

Riyad, qui se dit "prêt à répondre à toute demande supplémentaire" des pays consommateurs, a augmenté sa production de pétrole de 9 à 9,7 millions de barils/jour, et propose un fonds d'aide aux pays affectés. (Récit:M. Bersch)

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Le roi Abdallah a annoncé dimanche que l'Arabie saoudite avait porté sa production de pétrole à son niveau le plus élevé depuis un quart de siècle et assuré que le royaume était "prêt à répondre à toute demande supplémentaire" des pays consommateurs.

Le souverain saoudien a tenu ces propos en ouvrant la "Réunion de Djeddah sur l'Energie", organisée par le Royaume pour trouver les moyens d'enrayer la flambée des prix du pétrole.

Mais les chances d'une annonce d'une hausse de la production pétrolière à l'occasion de cette réunion semblaient quasiment nulles, l'Opep ayant exclu d'emblée toute augmentation dans l'immédiat.

"Au cours des derniers mois, nous avons augmenté notre production de 9 à 9,7 millions de barils par jour et nous sommes prêts à répondre à toute demande supplémentaire", a déclaré le souverain devant les représentants de 36 pays producteurs et consommateurs, 22 compagnies pétrolières et 7 organisations internationales qui ont répondu à son invitation.

Il s'agit du niveau de production le plus élevé pour l'Arabie, premier exportateur mondial, depuis le début des années 80.

Inquiète de l'impact du pétrole cher sur l'économie mondiale et, à terme, sur la demande pétrolière, l'Arabie a invité le 9 juin les pays consommateurs et producteurs à venir à Djeddah, sur la mer Rouge, pour y "discuter de l'envolée des prix, ses causes et les moyens d'y faire face".

Ryad entend prouver aux pays consommateurs que le Royaume, et plus généralement l'Opep (Organisation des Pays exportateurs de Pétrole), ne sont pas responsables du doublement des prix du pétrole en un an.

En gage de sa bonne volonté, l'Arabie saoudite avait annoncé il y a quelques jours une hausse de 200.000 barils de sa production quotidienne, qu'elle avait déjà augmentée de 300.000 barils en mai.

Mais tout portait à croire qu'il n'y aurait aucune autre annonce à Djeddah.

L'Opep s'est, en effet, démarquée de Ryad, pourtant chef de file du cartel, avant même l'ouverture de la conférence, en affirmant par la voix de son président, Chakib Khelil, que le marché pétrolier était suffisamment approvisionné et que toute hausse de production par le cartel était inutile dans l'immédiat.

Pour sa part, le ministre allemand de l'Economie, Michael Glos, a cependant estimé que "ce dont le marché pétrolier a besoin maintenant, c'est d'un signal fort de la part des producteurs".

L'annonce d'une hausse de la production constituerait "un message nécessaire aux marchés financiers pour qu'ils cessent de parier sur une poursuite de la hausse des cours du pétrole", a-t-il dit.

Un document commun qui a servi de base aux discussions de Djeddah et que l'AFP a pu consulter préconisait d'"améliorer la transparence et la régulation des marchés financiers", mais le sujet est très controversé, les Etats-Unis niant que la spéculation joue un rôle clé dans la hausse des cours.

Dans son discours, le roi Abdallah a d'ailleurs fustigé les spéculateurs, "qui perturbent le marché pour servir leur intérêts égoïstes", y voyant l'une des causes de l'envolée des prix.

Il a enfin appelé au lancement de trois programmes pour aider les pays pauvres à faire face à la flambée des cours du pétrole, qui a provoqué une explosion des prix des denrées alimentaires de base et entraîné des émeutes de la faim dans plusieurs pays.

Le premier serait confié à la Banque mondiale. Le roi a appelé cette institution à "organiser une réunion des pays donateurs pour en discuter et lancer cette initiative", mais n'a pas avancé de chiffre.

Le souverain a ensuite appelé l'Opep à lancer un nouveau programme d'aide d'un milliard de dollars pour aider les pays en voie de développement, ajoutant que l'Arabie saoudite était prête à le financer.

Il a enfin annoncé que le gouvernement saoudien allait verser 500 millions de dollars au Fonds saoudien de Développement, toujours dans le but d'aider les pays pauvres.

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