ZIMBABWE - PRESIDENTIELLE

Ban Ki-moon appelle au report du second tour au Zimbabwe

Le secrétaire général de l'ONU exhorte le Zimbabwe à reporter le second tour de sa présidentielle, alors que le chef de l'opposition Morgan Tsvangirai a retiré sa candidature et s'est réfugié dans l'ambassade des Pays-Bas. (Récit J. Knock)

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Ecoutez le témoignage d'une femme sur les violences subies par les partisans du MDC

 

 

Alors que l'opposant Morgan Tsvangirai a trouvé refuge dans l’ambassade des Pays-Bas à Harare, le secrétaire général des Nations unies, Ban Ki-moon, a fortement déconseillé aux autorités zimbabwéennes de maintenir le second tour de la présidentielle prévu le 27 juin.

S’adressant à des journalistes à New York après s’être entretenu avec les membres du Conseil de sécurité, Ban Ki-moon a déclaré que l’élection "ne ferait qu'approfondir les divisions dans le pays et cela produirait des résultats qui ne seraient pas crédibles".

Les déclarations du secrétaire général de l’ONU font suite à la décision de Morgan Tsvangirai de se réfugier dans l’ambassade des Pays-Bas. Dans la journée de diamanche, il avait retiré sa candidature à la présidentielle.

"Il s’agit d’une décision réfléchie [de la part des Pays-Bas]", explique Alex Duval Smith, correspondante de FRANCE 24 au Cap, en Afrique du Sud. "Cette proposition lui avait été faite,  et il l’a acceptée."
 

Selon Alex Duval Smith, peu de temps après son retour au Zimbabwe pour poursuivre sa campagne présidentielle, Tsvangirai a fait une demande pour obtenir un nouveau passeport, le précédent ne disposant plus de place pour de nouveaux visas. Mais le nouveau passeport ne lui ayant pas encore été délivré, Tsvangirai est dans l’impossibilité de quitter le pays.

 
"Il pense probablement être plus en sécurité dans l’enceinte de l’ambassade néerlandaise", explique la journaliste, "mais nous n’avons pas de précision sur une demande éventuelle d’asile politique. Il ne l’a, pour l’heure, pas encore formulée. Je pense qu’il se tient à l’abri et s’offre un peu de temps pour réfléchir dans un lieu sûr."

 
Raid de police au QG de Tsvangirai

 
A quatre jours seulement du second tour controversé de l’élection présidentielle, la police zimbabwéenne est descendue au siège du Mouvement pour le changement démocratique (MDC), le parti de Morgan Tsvangirai. Selon le porte-parole du parti, Nelson Chamisa, plus de 60 personnes auraient été arrêtées. La police, elle, nie avoir procédé à ces arrestations, affirmant avoir seulement transféré 39 personnes jusqu'à "un centre de réhabilitation" pour des raisons d'hygiène.

 
"Nous avions entendu dire que la situation sanitaire était catastrophique" dans les locaux du MDC, a ainsi affirmé à l'AFP le porte-parole de la police.

 
Au lendemain du premier tour de la présidentielle le 29 mars, la violence s’est répandue à travers le pays et les actions de la police se sont durcies, suscitant une condamnation de l’ensemble de la communauté internationale. Les membres du MDC accusent Mugabe et son parti, le Zanu-PF, d’être responsables de la mort de plus de 80 partisans de l'opposition et d’avoir entraîné le déplacement d’environ 200 000 personnes.

 
Mobilisation internationale

 
Face à cette montée de violence, Morgan Tsvangirai a annoncé dimanche sa décision de ne plus se présenter au second tour de la présidentielle, prévu le 27 juin. Le leader de l’opposition a justifié cette décision en expliquant ne pas pouvoir "demander aux électeurs de risquer leur vie".

 
Malgré le retrait de Tsvangirai, le gouvernement assure que le second tour aura bien lieu comme prévu.

 
L’abandon du candidat du MDC n’a fait qu’accroître l’isolement de Robert Mugabe sur la scène internationale ainsi que les critiques de plusieurs pays, notamment parmi les voisins africains du Zimbabwe.

 
Lundi, la Communauté de développement de l'Afrique australe (SADC) s’est d’ailleurs rassemblée pour discuter de la situation politique au Zimbabwe.

 
Le Royaume-Uni, ancienne puissance coloniale au Zimbabwe, est prêt à prendre en main la crise lors du Conseil de sécurité de l'ONU qui se tient ce lundi, alors que la communauté internationale réfléchit à des sanctions plus fermes contre le régime de Mugabe.

 

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