NIGER - JUSTICE

Le bras de fer entre la justice nigérienne et RFI continue

Un juge nigérien a ordonné la remise en liberté conditionnelle de Moussa Kaka, correspondant de RFI, mais le parquet a fait appel. Kaka est accusé d'avoir reçu des cadeaux pour des reportages sur un groupe rebelle touareg, ce que RFI nie.

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Un juge nigérien a ordonné lundi la remise en liberté conditionnelle de Moussa Kaka, correspondant de Radio France Internationale (RFI) au Niger, mais le parquet a fait appel, a-t-on appris de source judiciaire.

Moussa Kaka, directeur de Saranouiya FM, une station de radio privée, et correspondant de RFI, restera donc en prison jusqu'à ce qu'une cour d'appel tranche sur son éventuelle libération.

Arrêté le 20 septembre, Kaka est accusé d'avoir reçu des cadeaux ou de l'argent pour des reportages sur le Mouvement des Nigériens pour la justice (MNJ), groupe rebelle touareg aux prises depuis février 2007 avec les forces gouvernementales dans le nord du pays, riche en uranium.

RFI affirme que les liens du reporter avec les rebelles étaient exclusivement professionnels. Depuis août, les journalistes étrangers n'ont plus accès à la zone des combats. En un an, les affrontements ont fait 200 morts côté rebelle et 70 dans les rangs de l'armée, mais la situation n'a pas évolué.

La directrice de l'information de RFI, Geneviève Goetzinger, s'est inquiétée du temps que prendrait la décision.

"Ce dont nous sommes certains, c'est de l'innocence de Moussa Kaka. Bien sûr, nous regrettons l'appel", a-t-elle dit.

Le MNJ, qui réclame une meilleure redistribution des revenus miniers et davantage d'autonomie, a revendiqué dimanche l'enlèvement de quatre salariés français du groupe Areva qui travaillaient à la mine d'uranium Cominak, à Arlit.
A travers cette opération, les rebelles disent avoir voulu démontrer aux compagnies minières étrangères que le gouvernement ne peut garantir la sécurité de leurs opérations.

 

Juan Coderque, du bureau du Comité international de la Croix-Rouge à Dakar, au Sénégal, a déclaré que la Croix-Rouge s'efforçait d'apporter son aide à la libération des Français.

Il s'est refusé à toute autre précision sur les contacts du CICR avec les rebelles.

En décembre dernier, deux journalistes français travaillant pour Arte avaient été incarcérés par les autorités nigériennes pour avoir filmé des rebelles touaregs dans le Sahara au lieu de réaliser un tournage sur la grippe aviaire comme ils l'avaient prétendu.

Thomas Dandois et Pierre Creisson avaient été libérés en janvier. Selon Reporters sans Frontière, un accord signé le 13 janvier entre Areva et le gouvernement nigérien avait pu influencer la décision de la justice nigérienne.

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