LIBAN - VIOLENCE

L'armée libanaise impose le calme à Tripoli

Le calme est revenu à Tripoli, après que l'armée libanaise s'est postée dans les quartiers sunnite de Bab Tibbaneh et alaouite de Djabal Mohsen. Les combats, qui avaient repris dimanche, ont fait au moins neuf morts. (Récit : M. Bertsch)

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L'armée libanaise a renforcé lundi après-midi sa présence dans les zones théâtre depuis deux jours d'affrontements entre factions rivales dans le nord, qui ont cessé mais ont fait huit morts, soit les heurts les plus sanglants depuis l'accord de paix de Doha en mai.

A 17H00 locales (14H00 GMT), selon un correspondant de l'AFP, les tirs se sont calmés à Bab al-Tebbaneh, Jabal Mohsen et al-Qobbé, quartiers populaires de Tripoli, la grande ville du nord, où des heurts ont opposé des sunnites partisans de la majorité antisyrienne à des Alaouites, une branche du chiisme, fidèles au Hezbollah, fer de lance de l'opposition proche de Damas et Téhéran.

Bab al-Tebbaneh et al-Qobbé sont à majorité sunnite alors que les habitants de Jabal Mohsen sont des Alaouites.

Des renforts de l'armée et des Forces de sécurité intérieure (FSI) se sont déployés en cours de journée dans ces zones, où sont arrivés également des pompiers afin d'éteindre des incendies dans divers commerces, stations service et maisons.

Les habitants, réfugiés dans des abris pendant de longues heures pour éviter les francs-tireurs, sont sortis pour inspecter les dégâts.

Un porte-parole avait affirmé plus tôt à l'AFP que l'armée allait "commencer dans l'après-midi à empêcher par la force toute présence armée dans les zones de combats, où des renforts vont être envoyés, après un accord à l'unanimité entre les parties sur un retour au calme".

Les affrontements à Tripoli ont fait deux morts lundi matin, portant à huit tués le bilan des affrontements. Parmi ces victimes, deux personnes blessées dimanche ont succombé lundi, a déclaré un responsable des services de sécurité.

Le total des blessés est de 45, selon la même source.

Il s'agit du bilan le plus élevé depuis les violences entre factions survenues en mai dans plusieurs régions du Liban et qui avaient fait 65 morts, ravivant le spectre d'une nouvelle guerre civile.

"Nous condamnons toute utilisation de la violence contre des civils et toute utilisation des armes dans le pays", a déclaré à la presse le Premier ministre Fouad Siniora en marge d'une conférence de donateurs pour la reconstruction du camp de réfugiés palestiniens de Nahr al-Bared, détruit en 2007.

Les incidents armés se sont récemment multipliés au Liban entre partisans de l'opposition et de la majorité alors que les partis politiques n'arrivent pas à former un gouvernement d'union nationale en raison de divisions sur l'attribution des portefeuilles.

Mardi dernier, trois personnes ont été tuées lors d'accrochages armés entre les mêmes parties rivales dans deux villages de la Békaa (est).

La formation du gouvernement est prévue par un accord signé le mois dernier à Doha, au Qatar, entre majorité et opposition. Cet accord a mis fin à un an et demi de paralysie et permis l'élection d'un président de la République, le général Michel Sleimane, après six mois de vide à la tête de l'Etat.

La situation dans les camps de réfugiés palestiniens qui abritent des extrémistes islamistes ajoute à la tension.

Dimanche, l'explosion d'une charge placée dans une benne à ordures a grièvement blessé un chef du groupuscule islamiste Jound al-Cham, Imad Yassin, à proximité du camp d'Aïn Heloué (sud), selon un responsable des services de sécurité.

L'accord de Doha préconise la formation d'un gouvernement d'union nationale de 30 ministres: 16 pour la majorité, 11 pour l'opposition --qui y disposerait d'une minorité de blocage-- et trois proposés par le chef de l'Etat et qui doivent être des personnes jugées neutres.

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