INCENDIE - IMMIGRATION

L'incendie du centre de rétention crée la polémique

Après l'incendie du centre de rétention administrative à Vincennes, une seule personne a manqué à l'appel. Une polémique naît sur les responsabilités de cet événement. (Récit: France 2)

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Au lendemain de l'incendie qui a entièrement détruit le centre de rétention administrative (CRA) de Vincennes sans faire de victime, un seul retenu manquait encore à l'appel lundi tandis que se développait une polémique sur les responsabilités dans ces événements.

"Un seul retenu manque à l'appel, après le comptage des étrangers", a déclaré la porte-parole de la préfecture de police (PP), Marie Lajus.

Dimanche soir, la PP avait parlé d'une cinquantaine d'étrangers en fuite avant de revenir à un bilan de 14 personnes manquantes lundi matin.

Mme Lajus a reconnu un "flottement" dans le comptage parlant d'une "opération difficile et complexe, dans le cadre d'une situation d'urgence".

Au moment de l'incendie, le CRA de Vincennes, le plus grand de France, comptait 249 retenus pour 280 places.

Dix-huit retenus, légèrement intoxiqués, ont été hospitalisés et deux ont été placés en garde à vue dans le cadre de l'enquête sur les circonstances de l'incendie, apparemment provoqué par plusieurs feux de matelas.

Selon la Cimade, les retenus de Vincennes ont été dispersés dans plusieurs CRA en France: 100 personnes à Nîmes, 54 à Lille, 17 à Rouen, 16 à Palaiseau (Essonne), et 40 au Dépôt, situé dans l'enceinte du palais de justice de Paris et normalement dévolu aux femmes. Les 6 femmes qui y étaient retenues ont dû être transférées à Rouen.

La Cimade "demande la libération de l'ensemble des retenus de Vincennes compte tenu des événements particulièrement traumatisants" qu'ils ont traversés et du fait qu'ils "semblent avoir été privés de la possibilité réelle d'exercer leurs droits".

Le CRA de Vincennes, situé dans le 12ème arrondissement de Paris, est le théâtre de vives tensions depuis fin 2007. Les associations des droits de l'Homme dénoncent régulièrement le climat délétère qui y règne, avec notamment une multiplication des tentatives de suicide, d'auto-mutilations et interventions régulières et musclées des forces de police.

"Alliance", le second syndicat de gardiens de la paix, a d'ailleurs dénoncé un "manque d'effectifs" de police dans ce centre.

Selon la PP, "41 fonctionnaires de police" surveillaient dimanche les retenus, contrairement à ce qu'avait indiqué un policier du Syndicat Général de la Police SGP-FO, évoquant seulement 10 surveillants.

Un porte-parole de l'UMP Frédéric Lefebvre a dénoncé le comportement du Réseau Education Sans Frontières estimant qu'"il n'est pas tolérable que des +collectifs+, type RESF viennent faire des provocations aux abords de ces centres au risque de mettre en danger des étrangers retenus".

"L'UMP demande que toutes les conséquences soient tirées, y compris au plan judiciaire, si la responsabilité de membres de collectifs comme RESF était avérée", a-t-il ajouté.

RESF a rétorqué que la "responsabilité" incombait au ministre de l'Immigration Brice Hortefeux et au président Sarkozy dont la politique "condamne (les étrangers en situation irrégulière) à la terreur tant qu'ils sont libres, au désespoir complet quand ils sont internés et en attente de leur bannissement".

La PP a de son côté indiqué qu'une "enquête (était) en cours pour établir l'ensemble de la chaîne de responsabilité matérielle", rappelant que la manifestation, dimanche devant le CRA, au lendemain de la mort d'un Tunisien d'une crise cardiaque, n'avait pas été déclarée en préfecture.

Le PS a estimé lui que cet incendie était "le résultat d'une politique consistant à faire des chiffres, toujours du chiffre".

Des parlementaires UMP et PCF, venus lundi rencontrer le préfet de police au milieu des décombres du CRA de Vincennes, ont eu un vif échange, se rejetant une part de la responsabilité du sinistre.

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