ZIMBABWE - ELECTION

L'inquiétude domine après le retrait de Tsvangirai

Les pays occidentaux ont vivement réagi à l'annonce, dimanche, du retrait de la candidature du chef de l'opposition zimbabwéenne Morgan Tsvangirai à la présidentielle. (Récit : J. Knock)

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Ecoutez le témoignage d'une femme sur les violences subies par les partisans du MDC


La communauté internationale tire la sonnette l’alarme après que Morgan Tsvangirai, chef du Mouvement pour le changement démocratique (MDC), parti de l’opposition zimbabwéenne, ait décidé de se retirer du second tour de la présidentielle, prévu le 27 juin.

La médiation du président sud-africain Thabo Mbeki, médiateur régional pour le Zimbabwe, semble fructueuse. Morgan Tsvangirai a annoncé lundi qu’il était prêt à négocier avec le parti du président Mugabe à condition que les violences politiques cessent.

"Nous sommes prêts à négocier avec le Zanu-PF (parti au pouvoir, Ndlr) mais il est bien sûr important que certains principes soient respectés avant que ces négociations n’aient lieu. Une de ces condition est l’arrêt des violences contre le peuple", a déclaré le chef du MDC au micro de la radio sud-africaine Radio 702.

"Du côté du MDC, on parle d’un gouvernement de transition, un petit peu comme celui qui avait été mis en place avec les Blancs de l’ex-Rhodésie britannique (ancien nom du Zimbabwe, Ndlr) au moment de l’indépendance", explique Caroline Dumay, correspondante de FRANCE 24 au Cap.

"Le MDC souhaiterait aussi que ce ne soit pas un Zimbabwéen à la tête de ce gouvernement, mais un autre Africain, neutre", précise Caroline Dumay, ajoutant que le nom de l’ancien président nigérian Olusegun Obasanjo aurait été évoqué.

Le Zanu-PF, le parti au pouvoir, a de son côté déclaré que le second tour était toujours d’actualité, malgré l’abandon de Tsvangirai. La correspondante de France 24 souligne que le gouvernement a tout intérêt à aller au bout du processus électoral puisque la Constitution zimbabwéenne autorise le président élu à choisir 30 sénateurs, ce qui ferait basculer la majorité du Sénat, actuellement détenue par l’opposition.

 

 

Paris rejetterait la "fausse élection"

 

Face au retrait de Tsvangirai du second tour de la présidentielle, le chef de la diplomatie britannique David Miliband a accusé le régime de Mugabe d’être à l’origine des violences qui ont lieu, selon lui, sur "une très grande échelle" dans le but de "se maintenir au pouvoir". De son côté, le secrétaire général des Nations unies Ban Ki-moon a qualifié la décision de Tsvangirai d’"épisode très déprimant".

Depuis Jérusalem, le ministre français des Affaires étrangères Bernard Kouchner a violemment critiqué Mugabe. Il a indiqué que Paris n’accepterait pas cette "fausse élection, qui viendrait avec un seul candidat". Il a par ailleurs qualifié Mugabe d’"escroc" et d’"assassin".

Depuis sa victoire sur Mugabe lors du premier tour le 29 mars dernier, Morgan Tsvangirai a été arrêté cinq fois. Il s’est retiré de la course dimanche, déclarant qu’il renonçait "face à une orgie de violence". "Nous ne pouvons demander à nos électeurs de mettre leur bulletin dans l’urne le 27 juin alors que ce bulletin pourrait coûter la vie", a-t-il justifié. Sans jamais fermer la porte de la négociation.
 

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