ALGERIE - GOUVERNEMENT

Ouyahia revient à la tête du gouvernement algérien

Le libéral Ahmed Ouyahia a été rappelé par le président algérien pour diriger le gouvernement dont les principaux ministres ne changent pas. Il remplace Abdelaziz Belkhadem, un nationaliste proche des islamistes. (Récit : C. Casali)

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Un libéral, Ahmed Ouyahia, 56 ans, a été rappelé lundi par le président algérien Abdelaziz Bouteflika pour diriger le gouvernement dont les principaux ministres ne changent pas, en remplacement d'un nationaliste proche des islamistes, Abdelaziz Belkhadem, 63 ans.

Ahmed Ouyahia, connu pour ses convictions libérales en économie, fait ainsi son retour à la tête du gouvernement, où il avait été remplacé en 2006 par M. Belkhadem. Il a maintenu pratiquement inchangée l'équipe gouvernementale dont il a hérité.

Des signes avant-coureurs du retour aux affaires de M. Ouyahia avaient été enregistrés depuis le début de l'année, lorsque le président Bouteflika l'avait désigné à trois reprises en avril, pour le représenter à la conférence Inde-Afrique, à New Delhi, à la réunion commune du Conseil de sécurité de l'ONU et du Conseil paix et sécurité de l'Union africaine, à New York, puis à la 12e conférence de la Conférence de l'ONU pour le commerce et le développement (Cnuced) à Accra.

Diplomate de carrière, favorable aux privatisations des entreprises publiques et à l'économie de marché, M. Ouyahia avait bravé l'opinion publique algérienne en réduisant les subventions de l'Etat et en ordonnant une ponction des salaires des fonctionnaires et des employés du secteur public en activité pour régler les salaires impayés d'employés d'entreprises publiques en déficit chronique.

Ces ponctions, qui l'ont rendu impopulaire, avaient été prélevées alors que l'Algérie, en pleine crise économique et financière, souffrait d'un manque de liquidités. Les sommes ainsi prélevées ont par la suite été restituées.

Autoritaire, M. Ouyahia avait fait front, sans jamais reculer, face à la puissante centrale syndicale de l'Union générale des travailleurs algériens (UGTA), qui rejetait sa politique de privatisation.

Contraint à la démission en 1998, sous la pression de l'opposition, il est rappelé par le président Bouteflika à la tête du gouvernement en 2003.

Il prépare alors un vaste plan de relance de l'économie de 150 milliards de dollars, profitant de la flambée des prix du pétrole, qui a permis à l'Algérie de recouvrer une bonne santé financière, après avoir connu une quasi banqueroute au milieu des années 1990.

M. Ouyahia a mis en oeuvre aussi la politique de désendettement externe total de l'Algérie, dont la dette extérieure a été ramenée de 16 mds USD en 2006 à 600 millions de dollars actuellement.

Les principaux portefeuilles du nouveau gouvernement restent entre les mains des mêmes titulaires.

Le ministère de l'Intérieur est conservé par Yazid Zerhouni, qui le dirige depuis 1999, le ministère de l'Energie et des Mines est conservé par Chakib Khelil, en fonction depuis 1999, celui de l'Industrie et de la Promotion des Investissements reste entre les mains de Hamid Temmar et les Affaires étrangères entre les mains de Mourad Medelci.

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