BOLIVIE - AUTONOMIE

Une quatrième province bolivienne demande l'autonomie

La province de Tarija, la plus riche en gaz de Bolivie, a voté en faveur de l'autonomie lors d'un référendum, déclaré illégal par le président Morales, comme cela s'est passé dans trois autres provinces précédemment. (Récit : M. Gaudin)

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TARIJA, Bolivie - Les électeurs de la province bolivienne de Tarija ont massivement voté dimanche en faveur d'une autonomie accrue par rapport au pouvoir central, selon les premiers résultats de cette consultation rejetée par le président Evo Morales.

 

Le référendum organisé à Tarija, la plus petite des neuf provinces de Bolivie mais qui concentre plus de 80% de ses réserves en gaz naturel, suit des consultations similaires organisées dans la riche province de Santa Cruz et dans les régions amazoniennes de Pando et Beni.

 

Evo Morales, premier indien élu à la présidence de la Bolivie, sur un programme de gauche, dénonce ces votes comme étant illégaux et séparatistes. Ses partisans ayant appelé au boycott des urnes, plus d'un tiers des 173.000 électeurs inscrits dans la province de Tarija se sont abstenus dimanche.

 

D'après les premiers résultats, 80% environ des votants se sont exprimés en faveur de l'autonomie qui, en théorie, donnerait aux autorités locales le contrôle de la politique fiscale et des ressources naturelles.

 

A l'inverse des autres provinces, où de violents affrontements ont opposé partisans et adversaires de Morales, le vote semble s'être déroulé sans incidents à Tarija.

 

Ces référendums d'autonomie illustrent la division de la Bolivie, entre ses hauts plateaux andins aux populations indigènes pauvres, bastion électoral de Morales, et ses plaines plus prospères, où la population compte de nombreux descendants d'émigrés européens.

 

Pour tenter de sortir de la crise, Morales a décidé de remettre son mandat en jeu dans le cadre d'un "référendum révocatoire" fixé au 10 août prochain. Les neuf gouverneurs provinciaux qui devraient également s'y soumettre n'ont pas encore donné leur accord.

 

"Par ces statuts d'autonomie, les (gouverneurs) veulent interdire la redistribution des ressources naturelles au peuple bolivien", estime le président.

 

Pour la plupart des analystes, Morales devrait être confirmé dans ses fonctions. Mais cette victoire attendue devrait être insuffisante pour sortir le pays de la crise politique.

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