ZIMBABWE

L'ONU juge "impossible" un second tour au Zimbabwe

Le Conseil de sécurité a estimé que les violences contre l'opposition au Zimbabwe rendaient "impossibles" une élection libre et équitable. "L'élection est maintenue", a déclaré l'ambassadeur du Zimbabwe à l'ONU. (Récit : S. Bähr)

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L’étau se resserre sur le régime du président zimbabwéen Robert Mugabe au lendemain de sa condamnation par le Conseil de sécurité des Nations unies et l’appel à un report de l’élection présidentielle. Le Zimbabwe a immédiatement répliqué que l’élection serait maintenue. Peu après, le chef de l'opposition, Morgan Tsvangirai, a déclaré à l’AFP qu’un report du second tour de la présidentielle est "impossible".

A l’unisson, les quinze membres du Conseil accusent le gouvernement de verrouiller la campagne électorale et d’infliger des violences à l’opposition. Une attitude qui rend "impossible" la tenue d’une "élection libre et équitable" le 27 juin.

Fruit d’un compromis, la condamnation onusienne a été arrachée à l’issue de négociations difficiles. "On reste un peu sur sa faim", note Caroline Dumay, correspondante de FRANCE 24 en Afrique du Sud.

Le groupe des pays occidentaux voulait un texte demandant de s’en tenir aux résultats du premier tour, si un second tour ne pouvait être organisé. Cependant, le groupe, comprenant notamment l’Afrique du Sud et la Chine, ont voulu limiter la déclaration à suggérer un report de l’élection.

Cette prise de position du Conseil de sécurité, même si elle est la première face au Zimbabwe, ne devrait pas empêcher le gouvernement de maintenir l’élection à la date prévue, estime la correspondante de FRANCE 24.

Pour Philippe Bolopion, correspondant de FRANCE 24 au siège de l’ONU à New York, le dernier espoir pour faire fléchir le régime de Mugabe se situe en Afrique australe. Il estime que  "ce qui est sans doute la clef, c’est la position de l’Afrique du Sud. Pour l’instant le président Thabo Mbeki a beaucoup soutenu Robert Mugabe mais peut-être que le vent est en train de tourner".

La réunion du Conseil de sécurité intervenait au lendemain du retrait du chef de l’opposition de la course. Face aux attaques répétées des services de sécurité contre ses partisans, Morgan Tsvangirai s’est résigné à jeter l’éponge.

Lundi, à la suite d’un raid de police au siège de son parti à Harare, il s’est réfugié à l’ambassade des Pays-Bas. Selon Caroline Dumay, cela pourrait participer à alerter la communauté internationale. Cependant, "quand on connaît le mépris qu’éprouve Mugabe pour les ambassades occidentales", explique-t-elle, on peut se demander si "l’issue des négociations et les efforts de médiation pourraient aussi être emportés par le fait que Tsvangirai se soit réfugié dans une ambassade occidentale".

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