BANQUES - ROYAUME-UNI

Des bailleurs de fonds asiatiques au chevet de Barclays

Minée par la crise du crédit, la troisième plus grande banque du Royaume-Uni, Barclays, a levé 5,7 milliards d'euros pour renforcer ses fonds propres et continuer son développement.

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Comme prévu, des banques et des fonds souverains asiatiques ont accepté de venir en aide à la banque britannique Barclays, qui va lever près de 6 milliards d'euros pour renforcer ses fonds propres minés par la crise du crédit, imitant ainsi plusieurs de ses rivales.

La banque à l'aigle, déstabilisée par l'échec l'an dernier de sa tentative de rachat de la banque néerlandaise ABN Amro, a dévoilé mercredi les détails de l'augmentation de capital qu'elle avait dit préparer la semaine dernière. La banque est considérée comme un des établissements du Royaume-Uni parmi les plus exposés à la crise du crédit, via sa filiale Barclays Capital, très active sur les marchés financiers internationaux.

Le gros de l'augmentation prendra la forme d'un placement ouvert aux actionnaires existants, qui pourront souscrire 3 actions nouvelles pour 14 existantes, à un prix (289 pence) qui représente un rabais de près de 10% par rapport au dernier cours de clôture du groupe.

Plusieurs investisseurs internationaux, dont les noms circulaient dans la presse britannique depuis quelques jours, se sont engagés à participer au placement. Il est prévu qu'ils se répartiront les actions non souscrites par les actionnaires actuels.

Parmi eux figurent la banque chinoise CDB et le fonds souverain de Singapour, Temasek, déjà entrés l'an dernier au capital de Barclays, qui investiront jusqu'à 136 millions et 200 millions de livres respectivement.

Mais Barclays devrait également accueillir de nouveaux venus dans son tour de table : l'Autorité d'investissement du Qatar est prête à investir jusqu'à 1,764 milliard, et Challenger, la holding personnelle du Premier ministre qatari, s'est engagée à hauteur de 533 millions.

Et s'il restait encore des titres à souscrire, d'autres fonds non identifiés se sont portés volontaires.

En plus de ce placement, la banque japonaise Sumitomo Mitsui va souscrire à une offre réservée, à hauteur de 500 millions de livres.

Au total, Barclays va donc lever 4,5 milliards de livres, soit 5,7 milliards d'euros. Son capital va être gonflé de près d'un quart, et suivant les résultats du placement, l'AIQ pourrait devenir son premier actionnaire, avec au maximum 7,7% de ses actions, devant la CDB, Temasek et Challenger.

Le groupe a signalé que cet argent lui permettrait d'améliorer ses fonds propres, et de poursuivre son développement en toute sérénité. Car elle estime que la phase actuelle de turbulences économiques est, paradoxalement, une occasion de se développer pendant que certaines de ses rivales réduisent la voilure, aussi bien dans les économies émergentes (Chine, Russie, Moyen-Orient...), qu'au Royaume-Uni ou aux Etats-Unis.

Mais elle a laissé entendre qu'il n'était pas question de se lancer dans une grosse acquisition, alors que l'échec cinglant de son offre sur ABN Amro est encore dans toutes les mémoires.

Barclays n'est pas la première banque occidentale à faire appel à des capitaux en provenance du Moyen ou de l'Extrême-Orient pour se renflouer, ayant en cela été précédée par des concurrentes comme Citigroup, Merrill Lynch ou UBS.

Elle est par ailleurs le quatrième établissement britannique à lancer une augmentation de capital depuis la crise du crédit: Royal Bank of Scotland a réalisé au début du mois un placement record de 12 milliards de livres, HBOS cherche actuellement à lever 4 milliards, et Bradford & Bingley est en quête de 400 millions.

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