ISRAEL - GAZA

La trêve à Gaza ébréchée par des tirs de roquettes

Le Jihad islamiste, mouvement radical palestinien, a tiré des roquettes sur Israël, fragilisant la trêve signée entre le Hamas et Israël. Le Jihad islamiste a agi après la mort d'un de ses chefs en Cisjordanie. (Récit : L. Dupont)

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JERUSALEM - Le Djihad islamique palestinien a revendiqué mardi des tirs de roquettes en territoire israélien après l'assassinat par Israël d'un de ses chefs en Cisjordanie, deux incidents qui mettent à mal la trêve précaire entre Israël et le Hamas dans la bande de Gaza.

 

Les tirs de roquette ont légèrement blessé deux habitants de la ville de Sdérot située près de la frontière et assombri une conférence de donateurs à Berlin pour aider la police et les institutions judiciaires palestiniennes.

 

"C'est une violation flagrante de la trêve, et nous allons envisager différentes hypothèses", a déclaré le Premier ministre israélien Ehud Olmert cité par un de ses conseillers.

 

Le Hamas, qui contrôle la bande de Gaza, a condamné l'opération israélienne en Cisjordanie mais l'un de ses responsables, Sami Abou Zouhri, a exhorté "toutes les factions palestiniennes à respecter l'accord d'apaisement", ajoutant: "Le Hamas tient absolument à préserver cet accord."

 

Le chef du gouvernement palestinien, Salam Fayyad, a lancé de son côté un appel au respect de la trêve.

 

Cette série d'accrochages risque de mettre à mal les efforts d'Olmert pour obtenir la libération du soldat Gilad Shalit par l'entremise de l'Egypte.

 

Le Premier ministre israélien est par ailleurs affaibli par une affaire de corruption qui a provoqué des fissures dans sa coalition gouvernementale. Le Parti travailliste a annoncé son intention de voter mercredi en faveur d'une proposition de loi de l'opposition demandant la dissolution de la Knesset.

 

La perspective d'un échec de l'accord de cessez-le-feu dans la bande de Gaza inquiète le Quartet des médiateurs internationaux pour le Proche-Orient, notamment les Etats-Unis qui espèrent voir aboutir les discussions de paix entre le président de l'Autorité palestinienne Mahmoud Abbas et Olmert d'ici le départ de George W. Bush de la Maison blanche en janvier.

 
 
 
Inquiétude au Quartet
 

Dans un communiqué publié à l'issue d'une réunion de ses représentants en marge de la conférence des donateurs à Berlin, le Quartet a "demandé que le calme soit pleinement respecté et exprimé l'espoir qu'il tienne dans le temps et conduise à une amélioration de la sécurité des Palestiniens comme des Israéliens et à un retour à la vie civile normale dans la bande de Gaza".

 

Au-delà de l'arrêt des hostilités, la trêve entrée en vigueur jeudi engage Israël à alléger son blocus économique du territoire.

 

L'Etat juif souhaite cependant que la réouverture du principal point de passage entre la bande de Gaza et l'Egypte soit subordonnée à la libération de Shalit.

Olmert a dit avoir obtenu des garanties de l'Egypte sur ce point, mardi, lors de discussions avec le président égyptien Hosni Moubarak dans la station balnéaire égyptienne de Charm el-Cheikh, au bord de la mer Rouge.

 

Moubarak a déclaré que son pays "faisait des efforts pour Shalit" mais qu'il ne souhaitait pas que les négociations sur sa libération interfèrent avec la trêve dans la bande de Gaza.

 

L'opération ciblée de l'armée israélienne à Naplouse, qui a tué un des commandants de haut rang du Djihad islamique et un autre Palestinien affilié au Hamas, est le premier raid israélien mortel depuis le début de la trêve. D'autres opérations similaires en Cisjordanie et des tirs de roquettes palestiniens ont déjà conduit à l'effondrement de plusieurs autres trêves.

 

Selon l'armée israélienne, des Palestiniens avaient tiré dans la nuit un obus depuis la bande de Gaza en territoire israélien, première violation de la trêve constatée depuis le début de sa mise en oeuvre. Le tir n'a pas été revendiqué et n'a pas fait de blessés.

 

A Berlin, le secrétaire général de la Ligue arabe Amr Moussa a appelé les Occidentaux à cesser de s'opposer à un accord de réconciliation entre Abbas et le Hamas. Mais, la secrétaire d'Etat américaine Condoleezza Rice y a immédiatement opposé un refus en déclarant "qu'il ne pouvait pas y avoir de paix s'il n'y a pas de partenaire qui respecte le droit des autres à exister", faisant semble-t-il référence au Hamas qui ne reconnaît pas l'Etat d'Israël ni les accords de paix passés.

 

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