ZIMBABWE - PRESIDENTIELLE

Tsvangirai appelle les Africains à réagir

Pendant quelques heures, le chef de l'opposition zimbabwéenne a quitté l'ambassade des Pays-Bas à Harare, où il s'est réfugié dimanche, pour donner une conférence de presse et demander aux pays voisins d'agir. (Explications : C. Dumay)

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Le chef de l'opposition au Zimbabwe, Morgan Tsvangirai, a appelé mercredi l'Afrique à "l'action maintenant", lors d'une conférence de presse dans sa demeure d'Harare où il est retourné après s'être réfugié plusieurs jours à l'ambassade des Pays-Bas.
 
Il a appelé à une "période de transition" qui permettrait "au pays de guérir", affirmant que cette solution avait l'appui d'un nombre croissant de dirigeants africains.

Plus tôt dans la journée, le gouvernement sud-africain a estimé qu'une intervention militaire n'est "pas nécessaire au Zimbabwe", alors que s'ouvrait à Mbabane une réunion au plus haut niveau de la commission de sécurité de l'Afrique australe.

"Nous ne pensons pas qu'une intervention militaire soit nécessaire au Zimbabwe", a déclaré le vice-ministre sud-africain des Affaires étrangères, Aziz Pahad, devant la presse à Pretoria.

"Ce ne serait pas réaliste, ce ne serait pas possible", a-t-il ajouté.

"Il est évident qu'il existe des inquiétudes à propos des violences (au Zimbabwe) depuis les élections" générales du 29 mars, qui ont infligé une défaite historique au régime, a continué M. Pahad.

"Mais nous n'avons pas d'autre alternative que de faire tout notre possible pour amener les parties à parler et à parvenir entre elles à un accord", a-t-il dit.
 
La SACD réunie au Swaziland

La troïka de la sécurité de la Communauté de développement d'Afrique australe (SADC), composée de la Tanzanie, de l'Angola et du Swaziland, s'est réunie mercredi à Mbabane, la capitale swazie.

La troïka est l'organe décisif dans l'éventualité d'une intervention militaire de la SADC, qui peut décider de l'envoi de troupes de maintien de la paix.

Le chef de l'opposition zimbabwéenne Morgan Tsvangirai, qui a renoncé à participer au second tour de la présidentielle prévu vendredi, avait appelé les leaders mondiaux à l'envoi "d'une force militaire" dans son pays, dans un commentaire publié mercredi par le quotidien britannique Guardian.

M. Tsvangirai avait annoncé dimanche qu'il ne participerait pas au scrutin qui devait l'opposer au président zimbabwéen sortant Robert Mugabe, en raison d'une "orgie de violence".
 
Mbeki absent

Le chef de l'Etat sud-africain Thabo Mbeki, médiateur de la SADC dans la crise zimbabwéenne et retenu mercredi en Afrique du Sud pour une réunion de son cabinet ministériel, ne s'est pas rendu à la réunion de Mbabane car il n'a "pas été invité", selon la présidence sud-africaine.

Il doit en revanche être invité à un sommet formel des chefs d'Etat de la troïka en tant que médiateur dans la crise zimbabwéenne, a ajouté M. Pahad.

La décision d'une telle réunion au sommet, qui peut être convoquée dès mercredi par le secrétaire général de la SADC, Tomaz Salamao, a été prise mardi à Luanda par les chefs de la diplomatie de la commission de sécurité, a-t-il précisé.

Le chef de l'Etat tanzanien Jakaya Kikwete, qui préside l'Union africaine (UA), le roi Mswati III du Swaziland et le ministre angolais des Affaires étrangères Joao Miranda, représentant le président José Eduardo Dos Santos, ont entamé des discussions mercredi matin à Mbabane.

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