EUROPE-RUSSIE

Le lancement d'un partenariat au cœur du sommet Russie-UE

Les dirigeants européens sont attendus jeudi en Sibérie pour le sommet UE-Russie. Les négociations doivent notamment porter sur le commerce, l'énergie, les droits de l'homme et la coopération politique.

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KHANTI-MANSIISK, 26 juin (Reuters) - Les dirigeant européens étaient attendus jeudi à Khanti-Mansiisk, en Sibérie, pour un sommet Russie-UE lors duquel les négociations pour un partenariat stratégique doivent être officiellement lancées, après 18 mois de discussions tendues parmi les Vingt-sept.

Les pourparlers entre l'UE et la Russie auraient dû s'ouvrir en novembre 2006, mais ont buté pendant un an et demi sur l'hostilité des pays de l'Est, qui entretiennent des relations commerciales et énergétiques compliquées avec Moscou.

Le partenariat doit porter sur le commerce, les droits de l'homme, l'énergie et la coopération politique.

La Russie fournit le quart des besoins énergétiques de l'UE, alors que celle-ci est le premier partenaire commercial de Moscou.

Les dirigeants européens, qui devaient dîner jeudi soir avec le président russe Dmitri Medvedev et entrer dans le vif des négociations vendredi, espèrent que l'arrivée d'un nouvel homme fort au Kremlin apaisera les relations entre Moscou et Bruxelles.

Medvedev a déclaré jeudi dans un entretien accordé à Reuters qu'il entendait négocier un accord "sérieux" avec l'UE, expliquant attendre un "accord-cadre qui exposera les dispositions de base pour le développement des années à venir", mais pas un texte détaillé.

L'UE n'a pas dit quelle issue formelle elle attendait de cette réunion, mais son ambassadeur à Moscou, Marc Franco, s'est déclaré "confiant" quant à la capacité des deux parties à trouver un consensus sur cette question.

Le dernier sommet Russie-UE, accueilli l'année dernière par Vladimir Poutine, devenu Premier ministre, avait été particulièrement tendu, en raison des critiques de la chancelière allemande Angela Merkel à propos de l'intervention de la police lors d'une manifestation de l'opposition.

Cette année, l'atmosphère devrait être plus conviviale, selon des diplomates européens, même si aucun d'entre eux n'attend d'avancées majeures lors de ce sommet.

La Géorgie au programme

Selon un diplomate de Bruxelles, l'UE a bien accueilli les derniers discours, assez modérés, de Medvedev.

"C'est un nouveau président dans une nouvelle position, avec ses ambitions et nous devons savoir dans quel cadre il entend atteindre ses objectifs politiques", déclarait-il, évoquant la promesse de Medvedev de combattre la corruption et de restaurer l'Etat de droit.

Les divergences entre l'UE et son voisin restent néanmoins fortes. Alors que les Vingt-sept réclament un accès élargi au marché russe de l'énergie pour sécuriser leur approvisionnement, la Russie souhaite en échange une plus grande ouverture des marchés européens à ses entreprises.

Des différends existent également sur les droits de l'homme, le commerce, l'Histoire et les dirigeants européens devraient profiter du sommet pour rappeler leurs inquiétudes quant au soutien apporté par Moscou aux vélléités séparatistes de deux provinces de Géorgie, l'Abkhazie et l'Ossétie du Sud.

L'accord des ministres des Affaires étrangères de l'UE pour l'ouverture des discussions n'est intervenu qu'en mai, lorsque la Lituanie, opposée à la Russie sur des questions énergétiques notamment, a levé ses réserves.

Jeudi, c'est la Finlande qui a menacé Moscou de représailles en raison de l'augmentation des taxes sur les exportations de bois, qui a mis en difficulté les papéteries scandinaves.

"Je crois que nous devrions nous en tenir au libre-échange pour le moment et ne pas suggérer quoi que ce soit d'autre, comme l'a fait la Finlande", a dit la ministre suédoise du Commerce, Ewa Bjorling, dont le pays est également concerné par cette crise sur le bois.

Elle a ajouté que la Commission européenne n'imaginait pas, dans l'immédiat, de bloquer la candidature russe à l'Organisation mondiale du commerce par mesure de rétorsion.

Ces positions, ainsi que le non irlandais au traité de Lisbonne, le 12 juin dernier, sont une source de difficultés dans les discussions avec l'UE, a estimé Medvedev.

"Je ne considère pas l'Union européenne comme un partenaire dur, ou difficile. Mais c'est un partenaire qui rencontre périodiquement des difficultés", a-t-il dit dans son entretien à Reuters.

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