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Mugabe maintient l'élection envers et contre tous

Robert Mugabe a indiqué lors d'un meeting qu'il était prêt à négocier après le scrutin, dont la date est maintenue à vendredi. L'opposant Tsvangirai lui avait auparavant lancé un ultimatum de 24 heures pour négocier. (Récit : P. Godart)

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Lisez notre dossier consacré à l'élection présidentielle au Zimbabwe

 

 

Le président zimbabwéen Robert Mugabe a profité jeudi de son dernier meeting de campagne pour se dire prêt à négocier avec l'opposition, après le second tour de l'élection présidentielle vendredi, alors que celle-ci ne participera pas au scrutin.

 

Dans le même temps, le numéro deux de l'opposition zimbabwéenne, Tendai Biti, inculpé de subversion, a quitté la prison de Harare après avoir obtenu une remise en liberté sous caution à la veille du second tour de la présidentielle boycottée, a constaté une journaliste de l'AFP.
 

L'opposant zimbabwéen Morgan Tsvangirai avait donné un ultimatum au président Robert Mugabe pour négocier à l'approche du second tour et prévenu qu'il ne serait plus question de dialogue si le scrutin était maintenu vendredi. Le vieux président zimbabwéen a indiqué lors de son meeting que la date était bel et bien maintenue, en dépit des appels de pays africains pour repousser le vote.

  

Dans une interview téléphonique accordée au Times, le chef du Mouvement pour le changement démocratique (MDC), réfugié à l’ambassade des Pays-Bas, appelle le président sortant Mugabe à négocier avant le scrutin : "Les négociations seront finies si Mugabe se proclame vainqueur et se considère comme le président. Comment pourrions-nous négocier ?".

 

"Tsvangirai tend la main car il estime que le dialogue est la seule issue à cette crise, même s’il impose aussi ses conditions", commente Caroline Dumay, correspondante de FRANCE 24 en Afrique du Sud.

 

Mais Philippe Hugon, directeur de recherche à l'Iris et auteur de "Géopolitique de l’Afrique", estime qu’"aucun débat n’est possible entre les deux". "Le modèle kényan, où il y a eu un partage du pouvoir, n’est pas transposable au Zimbabwe", estime-t-il sur le plateau de FRANCE 24 avec Jean-Bernard Cadier.

 

"Le jeu dans les mains de l’Afrique du Sud"

 

Le Kenya a plongé dans le chaos après que le scrutin, entaché de fraudes, ait donné la victoire au président sortant. Après deux mois d’âpres négociations, le président kényan Mwai Kibaki et l’opposant Raila Odinga ont fini par s’accorder sur un partage du pouvoir.

 

Pour trouver une sortie de crise, tous les regards sont tournés vers le président sud-africain et médiateur Thabo Mbeki.

 

"Le jeu est largement dans les mains de l’Afrique du Sud", affirme Philippe Hugon. "On attend une intervention de Thabo Mbeki. Il peut jouer un rôle important".

 

Thabo Mbeki, médiateur entre les deux rivaux depuis un an, est critiqué pour l'inefficacité de son rôle et son manque de fermeté à l'égard de Mugabe, qui reste sourd à la communauté internationale. Le président sud-africain ne s’est pas rendu au sommet de crise sur le Zimbabwe, lancé à l’initiative de la Communauté de développement de l'Afrique australe (SADC), assurant ne pas avoir été invité.

Mercredi, l'ancien président sud-africain Nelson Mandela a rompu le silence qu'il observait sur la situation au Zimbabwe en dénonçant "l'échec tragique" des dirigeants de ce pays. Caroline Dumay estime cependant que son intervention n’aura pas d’influence sur Mugabe : "Les deux hommes ne s’entendent pas depuis des années. Ce genre de réaction a donc plutôt tendance à l’agacer, de même que les autres critiques internationales".

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