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Une génération d'euro-enthousiastes

Hymne, drapeau, citoyenneté européenne : l’UE a multiplié les symboles pour développer le sentiment d’appartenance à l'Europe. Mais ce sont les droits concrets, comme la liberté de circulation, qui fédèrent les citoyens.

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"Etre européen, pour moi, ça devient peu à peu un sentiment, au fil de mes voyages. Tranquillement, dans cette Europe sans frontières, avec l’euro, je découvre des langues, des habitudes, des amis."


Fran a 26 ans, il est espagnol et travaille à Madrid, après un cursus très européen : un lycée français dans sa ville natale, Valladolid, une année universitaire en Belgique, un semestre en Irlande et… une collection de petites amies européennes.


Alors que le non irlandais au référendum a été largement interprété dans les médias comme un échec de l’"Europe des citoyens", comme la marque d’un fossé entre peuples et institutions, Fran pense que toute une génération d’Européens se sent profondément citoyenne de cette Union à 27.

 

Marvin, Marco, Fred et les autres


Pour Fran l’Espagnol, Marvin le Maltais, Fred le Français et Marco l’Italien, être européen, c’est très concret : c’est la liberté de circulation. La plupart de ces jeunes euro-enthousiastes a découvert l’UE grâce au programme Erasmus, qui a permis, depuis 1987, à plus de 1,6 millions d’étudiants de passer un an dans une université européenne.


Après une année Erasmus qui a fait progresser son anglais, Marco, 31 ans, pense avoir trouvé plus facilement du travail dans sa ville de Lecce, dans le talon de la botte italienne. Marvin, 29 ans, a quitté il y a quatre ans son île pour une autre : il est parti travailler à Londres. C’était l’année de l’adhésion de son pays à l’UE. Quand à Fred, après une année scolaire au Danemark et un stage en Angleterre, il a quitté son Alsace natale pour se marier avec Maria et s’installer à Murcia, dans le sud-est de l’Espagne. 


A les entendre, ce n’est pas un hymne, un drapeau ou une journée de l’Europe qui nourrissent l’européanité. C’est plutôt cette facilité de mobilité, que confère l’UE, qui leur a donné petit à petit le sentiment d’être européen : le droit de voyager, d’étudier, de travailler partout sans être discriminé par sa nationalité (avec des dispositions transitoires pour les nouveaux entrants).


Le principe : un travailleur d’un autre Etat membre a les mêmes droits sociaux (prise en charge des soins de santé, allocations, etc.) et fiscaux qu’un citoyen national. Pas de contrôle systématique aux frontières de 24 des Etats membres. Pas besoin d’un permis de conduire international car un permis délivré dans un pays est valable dans toute l’UE.


Toujours plus d’abstention


La citoyenneté européenne a été officiellement instaurée par le traité de Maastricht en 1992. Elle se manifeste par ce droit très concret de libre circulation, mais aussi par le droit d’élire les députés du Parlement européen.


Un pouvoir politique qui ne passionne toutefois pas les foules : le taux de participation moyen aux élections européennes ne cesse de diminuer. Il est passé de 63 % en 1979 à 45 % en 2004. En France par exemple, il était de 43 % aux dernières élections, alors que la même année, 66 % des électeurs s’étaient déplacés pour le second tour des élections régionales. 


La faute à une absence de politisation des élections européennes, déplore Jean-Dominique Giuliani, président de la Fondation Robert Schuman, du nom de l'un des fondateurs de la construction européenne. M. Giuliani milite pour de véritables campagnes électorales à l’échelle européenne, avec des partis transeuropéens et des programmes communs.  

 

La faute aussi à une méconnaissance profonde du fonctionnement de l’Europe. Un sondage publié en mars indique par exemple que seuls 41 % des Français savent que les eurodéputés sont élus par les citoyens.

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