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Vers un premier gouvernement républicain au Népal

La démission du Premier ministre du Népal, Girija Prasad Koirala, ouvre la voie à la formation du premier gouvernement républicain maoïste de l'histoire du pays. La monarchie a été abolie il y a un mois. (Récit : J. Fanciulli)

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Le Premier ministre du Népal, Girija Prasad Koirala, a démissionné jeudi, ouvrant la voie à la formation du premier gouvernement républicain maoïste de l'histoire du pays, un mois après l'abolition de la monarchie.

 

Les premier pas de la République du Népal consacrent un spectaculaire processus de deux ans au cours duquel les Népalais ont mis fin à la guerre civile, porté au pouvoir l'ex-rébellion maoïste et enterré 240 années de royauté hindouiste en chassant le "dieu-roi" déchu Gyanendra de son palais.

 

M. Koirala, architecte de cette "révolution", était jusqu'à jeudi le chef d'un gouvernement intérimaire formé en 2007.

 

A 83 ans, ce vieux routier de la politique a annoncé "abandonner le poste de Premier ministre, aujourd'hui, devant cette assemblée" constituante élue le 10 avril et dont les maoïstes ont raflé plus du tiers des sièges.

 

Première force politique du Népal, le parti des ex-rebelles d'extrême gauche avait trouvé un compromis mercredi avec le parti du Congrès népalais de M. Koirala pour désigner les futurs Premier ministre et président de la République à la majorité simple de l'assemblée.

 

Dans cette chambre qui avait aboli le 28 mai l'unique monarchie hindouiste du monde et proclamé la République, le chef maoïste Prachanda, dit "le redoutable", son adjoint Baburam Bhattaraï et des centaines de parlementaires ont frappé sur leurs pupitres en signe d'approbation.

 

"Nous sommes contents qu'il ait finalement démissionné. Nous l'exigions afin de pouvoir trouver un consensus politique", s'est félicité auprès de l'AFP le porte-parole maoïste Krishna Bahadur Mahara.

 

Le Premier ministre sortant, Girija Babu, comme il est affectueusement surnommé, a lui aussi plaidé pour qu'"avec ou sans moi, tous préservent cette culture du consensus", un élément fondamental de la vie politique au Népal et en Asie en général.

 

L'homme, malade, aura mené une carrière exceptionnelle commencée en 1947 comme syndicaliste, poursuivie en prison dans les années 1960 puis en exil en Inde avant d'orchestrer le détournement d'un avion de la compagnie d'Etat rempli de centaines de milliers de dollars afin de financer son parti du Congrès alors interdit.

 

Plusieurs fois Premier ministre, il était poussé par son parti de centre droit pour devenir le premier président de la République. Mais les maoïstes et le parti communiste marxiste-léniniste unifié du Népal (centre gauche) y étaient opposés.

 

Sa "démission est un pas vers la formation d'une gouvernement sous notre direction", a assuré le porte-parole des maoïstes.

 

Sûrs de former et de conduire ce tout premier gouvernement républicain de l'histoire du Népal --avec Prachanda comme probable Premier ministre--, les anciens guérilleros ne pourront cependant pas s'appuyer sur le parti du Congrès qui a décidé a priori de rester dans l'opposition.

 

"Maintenant, nous devons nous concentrer sur la rédaction d'une nouvelle Constitution en laissant de côté nos différences politiques sans importance et en mettant fin à toute équivoque", a plaidé le ministre chargé de la Paix, Ram Chandra Poudel.

 

Le scénario politique au Népal, dont les chapitres s'enchainent sans regain de violences, a démarré en avril 2006 : les partis s'étaient alors alliés aux maoïstes dans des manifestations démocratiques, forçant le roi à renoncer au pouvoir absolu qu'il s'était arrogé en février 2005.

 

Le 21 novembre 2006, toutes ces forces avaient scellé un accord de paix historique après plus de dix ans de guerre civile, au prix de 13.000 morts et d'une économie ruinée dans ce pays pauvre de l'Himalaya enclavé entre l'Inde et la Chine.

 
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