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Zimbabwe, une nation en exil

Suite aux émeutes xénophobes qui ont secoué l'Afrique du Sud en mai dernier, des centaines de milliers de réfugiés zimbabwéens ont tout perdu. L'Eglise méthodiste de Johannesbourg ne les a pas oubliés : elle s’est transformée en refuge.

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Il y a un peu plus d'un mois, des émeutes xénophobes ont mis en lumière les difficultés des réfugiées du Zimbabwe en Afrique du sud. Fuyant un pays en ruine tenu d'une main de fer par Robert Mugabe, ils font l'objet de discrimination et parfois de violence de la part des Sud-Africains.

 

Réfugiés politiques et économiques, ils n'ont nulle part où aller. Nos reporters les ont rencontrés. Au beau milieu de Johannesburg, un immeuble de plusieurs étages est même surnommé "Harare".

 

Aujourd’hui près de 3000 Zimbabwéens ont élu domicile dans cet immeuble du centre ville. Peter Nyapetwa, un ancien fonctionnaire zimbabwéen, explique sa fuite : « tous les agents électoraux qui supervisaient le vote dans les anciens fiefs du ZANU PF, le parti au pouvoir, ont été poursuivis. Tous ! Par ce qu’ils pensent que s’ils ont perdu l’élection, c’est que nous avons triché ! Alors évidemment il a fallu qu’on quitte tous le pays pour leur échapper. »

 

Au cœur de Johannesburg -  la capitale économique sud africaine -  l'Eglise méthodiste s’est transformée en refuge. L’évêque Paul Verryn accueille à bras ouvert tous ceux qui fuient le pays de Robert Mugabe. « Ici, chaque réfugié a son histoire. S’ils couchent par terre, beaucoup de ces Zimbabwéens ont derrière eux une carrière honorable ».

 

Des émeutes xénophobes particulièrement violentes ont éclaté mi-mai à Johannesburg faisant une soixantaine de morts et des dizaines des milliers de déplacés. Accusés de voler le travail des Sud-Africains, ce sont les Zimbabwéens qui ont été les plus visés par ces attaques.

 

« Il faut qu'on trouve une solution pour que ceux qui peuvent trouver du boulot à la maison rentre. Il faut retourner là bas. Nous ne sommes pas les bienvenus ici. J’espère qu’on règlera la crise à la maison, » estime Beatrice Billiat. Cette ancienne secrétaire, victime de violence, semble avoir perdu espoir en tous les politiciens. Elle n’ira pas voir Morgan Tsvangirai - l’espoir de tous ces exilés - venu rendre visite à ses compatriotes.

 

Ancien capitaine de la garde présidentielle, Aaron Makaze a préféré déserter l’armée zimbabwéenne parce qu'il sympathisait avec l'opposition. Il a été torturé et a dû laisser sa famille derrière lui pour fuir vers l’Afrique du Sud : « En fait ils me cherchent partout. Et ils sont aussi allés voir ma femme. C’était en avril. Ils l’ont torturé au plastique chaud. Quand on la emmené à l’hôpital, elle est restée quatre jours sans médicaments…je suis très inquiet pour elle et pour mon fils. Vous savez, quitter sa famille comme ça pour venir coucher la par terre, dans cet immeuble, c’est terrible… »

 

Choqué par les violences, l'ex-pays de l'apartheid ouvre les yeux. Il y aurait plus de trois millions de zimbabwéens en Afrique du Sud. Le tiers de la population du pays voisin.

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