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Les Zimbabwéens semblent bouder les urnes

FRANCE 24 a joint un observateur électoral à Harare. Ce dernier ne constate pas de violences et note un taux de participation "faible". Tsvangirai a appelé ses partisans à boycotter le scrutin, sauf si "des menaces pèsent sur [leur] vie".

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Lisez notre dossier consacré à l'élection présidentielle au Zimbabwe

 

Le taux de participation au second tour de la présidentielle au Zimbabwe est "faible", a affirmé à FRANCE 24 un observateur électoral qui préfère garder l'anonymat pour des raisons de sécurité. Il constate toutefois des variations importantes à Harare, la capitale.

 

"Mes collègues au Zimbabwe m’ont affirmé que le taux de participation était plutôt bas", a-t-il affirmé, sans pouvoir donner de chiffres précis.

 

A Harare, le taux de participation était "très variable", selon l’observateur joint par FRANCE 24. "Le taux de participation semble être plus élevé dans les quartiers pauvres et plus faible dans les quartiers aisés", précise-t-il.

 

"Les files d’attentes à Mbare, un quartier pauvre [de Harare], semblent montrer que le taux de participation est plutôt élevé", relève-t-il. L’observateur n’a pas constaté de violence ou d'actes d’intimidation, alors que des agressions ont eu lieu à Mbare au lendemain du premier tour de l’élection présidentielle, le 29 mars.

Le président Robert Mugabe, candidat unique, a décidé de maintenir le scrutin malgré un climat de tension. A tel point que le leader de l'opposition Morgan Tsvangirai a appelé ses partisans à aller voter plutôt que de risquer leur vie.

 

"Ne risquez pas votre vie", a recommandé Tsvangirai dans un communiqué. "Les résultats d'aujourd'hui ne voudront rien dire parce qu'ils ne reflèteront pas la volonté du peuple du Zimbabwe, ils reflèteront seulement la peur du peuple du Zimbabwe."

 

Selon l’observateur contacté par FRANCE 24, des cas de violences, dans le passé, ont pu pousser les électeurs de Mbare à aller aux urnes, tout en ajoutant qu’il était prématuré d'en tirer des conclusions.

 
 
"Robert Mugabe a réussi sa stratégie de terreur"
 

"Robert Mugabe a réussi sa stratégie de terreur, commente Caroline Dumay, correspondante de FRANCE 24 en Afrique du Sud. Il va forcément gagner car il est seul en lice mais ce qui va être intéressant c'est d’observer le nombre d’électeurs qui vont voter pour Morgan Tsvangirai ".

 

Le nom de Tsvangirai figure toujours sur les bulletins de vote, qui n’ont pas été réimprimés depuis dimanche.

 

Aucun observateur occidental n'a été accrédité. Seules quelques centaines d’observateurs accrédités par le régime surveilleront le déroulement du vote.

 

"Les résultats d'aujourd'hui ne voudront rien dire parce qu'ils ne reflèteront pas la volonté du peuple du Zimbabwe. Ils reflèteront seulement la peur du peuple du Zimbabwe", ajoute Tsvangirai.

 
 
Une  "solution africaine" ?
 

Les ministres des Affaires étrangères du G8 ont déjà annoncé qu'ils ne reconnaîtraient pas la légitimité d'un gouvernement qui ne "reflèterait pas la volonté du peuple zimbabwéen". La secrétaire d’Etat américaine Condoleezza Rice a pour sa part qualifié l’élection d’"illégitime".

 

Mais “la communauté internationale n’a pas réussi à comprendre que ce genre de condamnation ne fait qu’irriter Mugabe, affirme Alex Duval Smith, correspondante de FRANCE 24 basée à la frontière avec l’Afrique du Sud. Ce ne sont pas des condamnations émanant de gens qu’il n’apprécie pas et qu’il considère comme des colonisateurs qui va le faire changer d’avis. Nous avons besoin de quelque chose de beaucoup plus fort, comme des sanctions économiques, mais nous n’en sommes pas encore là.”

 

“C’est un problème africain qui a besoin d’une solution africaine”, a estimé pour sa part un membre du MDC, Roy Bennett, interrogé depuis l’Afrique du Sud par FRANCE 24.

 

 “Nous avons du temps de notre côté pour mettre en place des structures fortes et patienter jusqu’à ce qu’on ait une élection juste et libre, soutenue à la fois par une autorité de transition de l’Union africaine et par la SADC (Communauté de développement d’Afrique australe), qui nous permettra d’aboutir à une nouvelle Constitution et à un nouveau Zimbabwe", a souligné Roy Bennett.

 

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