SOMALIE - ONU

Libération des humanitaires enlevés en Somalie

Les deux humanitaires des Nations unies, un Suédois et un Danois, enlevés samedi matin en Somalie par des insurgés, ont été relâchés, selon l'organisme d'Etat suédois de prévention des risques qui les emploie.

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Un Suédois et un Danois sous contrat avec le Service de la lutte antimines des Nations unies, ainsi qu'un humanitaire somalien, ont été brièvement enlevés samedi par des insurgés islamistes à la faveur d'une attaque sur la ville de Hodur, dans l'ouest de la Somalie.

"Ils ont été relâchés, nous avons parlé avec eux et ils vont bien, même s'ils sont encore sous le choc", a confié à l'AFP Karin Viklund, porte-parole de l'organisme d'Etat suédois de prévention des risques Räddningsverket, employeur du Suédois et du Danois.

"Nous sommes extrêmement contents de cette libération et nous nous organisons à présent pour qu'ils quittent la Somalie", a ajouté Mme Viklund, précisant qu'ils "devraient rejoindre les autre membres de la mission (de Räddningsverket ndlr) à Nairobi", au Kenya.

Un employé de l'ONU à Hodur, interrogé au téléphone par l'AFP, a par ailleurs confirmé la libération du travailleur humanitaire somalien.

"Tous les travailleurs humanitaires, y compris le ressortissant somalien, ont été relâchés à Wajid", a-t-il déclaré à l'AFP.

Wajid est située à environ 90 km au sud-ouest de Hodur.

Les deux ressortissants étrangers avaient été envoyés en août avec quatre autres spécialistes du déminage pour former du personnel sur place. Leur mission doit s'achever en septembre prochain.

Les trois hommes avaient été enlevés à la faveur d'une attaque à l'aube d'insurgés islamistes contre la ville de Hodur. Les insurgés avaient quitté la ville dans la matinée.

"Les islamistes ont blessé le commissaire du district lors d'échanges de tirs violents. Ils ont tué l'un de ses gardes du corps. Ils ont pris le contrôle de la ville, ont investi l'enceinte de IMC (International medical corps) et pris deux travailleurs humanitaires étrangers", avait expliqué à l'AFP un habitant, Hassan Mohamed.

"L'attaque s'est concentrée en deux endroits de la ville: les locaux du gouverneur et la maison du commissaire de district. Ils (les insurgés) ont à présent quitté la ville mais ils ont pris des travailleurs humanitaires, deux étrangers et un Somalien", avait précisé un autre habitant, Mohamed Abdullahi Yare.

Six travailleurs humanitaires (deux Italiens, un Britannique, un Kényan et trois Somaliens) se trouvent toujours aux mains de bandes armées dans ce pays de la Corne de l'Afrique ravagé par 17 ans de guerre civile et des catastrophes naturelles à répétition.

Ces enlèvements marquent l'impuissance du gouvernement de transition somalien à assurer la sécurité des organisations humanitaires.

Quelque 2,5 millions de Somaliens, soit 35% de la population, dépendent de l'aide humanitaire dans ce pays en proie depuis début 2007 à un conflit entre des insurgés islamistes et les forces gouvernementales somaliennes, soutenues par l'armée éthiopienne.

Le 30 avril, le Comité international de la Croix-Rouge (CICR) avait averti que la population était arrivée à la limite de sa résistance après des années de guerre et de mauvaises récoltes, provoquées par des successions de sécheresses et d'inondations.

Début avril, Médecins sans frontières (MSF) a cessé toute activité à Kismayo, dans le sud, après l'assassinat sur place en janvier de trois de ses employés, un Français, un Kényan et un Somalien.

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