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L'ONU peine à condamner l'élection au Zimbabwe

Le Conseil de sécurité de l'ONU a estimé que "les conditions d'une élection libre et équitable - au Zimbabwe - n'étaient pas réunies". Un texte plus fort, jugeant la présidentielle illégitime, a été rejeté.

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Le Conseil de sécurité de l'ONU n'a pu s'entendre vendredi sur un texte qui aurait déclaré illégitime le résultat de la présidentielle au Zimbabwe et les Etats-Unis ont évoqué un recours à des sanctions contre Harare.

Les quinze membres ont estimé que "les conditions d'une élection libre et équitable n'étaient pas réunies" à l'occasion du second tour de l'élection présidentielle au Zimbabwe et ont "regretté profondément qu'il ait eu lieu dans ces circonstances", a dit l'ambassadeur américain Zalmay Khalilzad.

M. Khalilzad s'adressait à la presse à l'issue de nouvelles discussions marathon sur le Zimbabwe au Conseil, qu'il préside ce mois-ci.

L'ambassadeur d'Afrique du Sud Dumisani Kumalo, dont le pays tente une médiation dans la crise politique au Zimbabwe, a empêché l'adoption d'un projet de déclaration beaucoup plus fort, qui aurait affirmé que les résultats de l'élection du 27 juin ne pouvaient avoir "ni crédibilité ni légitimité" et que les résultats des élections du 29 mars devaient donc "être respectés".

Le Mouvement pour le changement démocratique (MDC, opposition) avait gagné les législatives du 29 mars au Zimbabwe et son chef, Morgan Tsvangirai, avait devancé le président sortant, Robert Mugabe, au premier tour de la présidentielle.

L'adoption de ce texte, rédigé par la Grande-Bretagne, nécessitait l'unanimité des 15 membres du Conseil mais M. Kumalo s'y est fermement opposé, entraînant dans son sillage d'autres pays dont la Russie, selon les diplomates.

M. Kumalo a expliqué à la presse sa position, arguant que "la certification d'élections n'entre pas dans les compétences du Conseil".

Le diplomate sud-africain a également plaidé pour que le Conseil de sécurité ne gêne pas, en adoptant un texte trop fort, l'action de l'Union africaine (UA), qui tente elle aussi de dénouer la crise zimbabwéenne.

L'UA se réunit en sommet lundi à Charm-el-Cheikh (Egypte) et doit discuter du Zimbabwe.

Au nom des Etats-Unis, M. Khalilzad a affirmé que Washington resterait attentif à cette question, ajoutant: "Nous avons déjà entamé des discussions avec certains collègues sur une résolution qui imposerait des sanctions, ciblées de manière appropriée sur le régime d'Harare".

Lundi, le Conseil de sécurité avait condamné la campagne de violence et d'intimidation contre l'opposition au Zimbabwe, estimant qu'elle avait "rendu impossible la tenue d'une élection libre et équitable le 27 juin".

Le gouvernement du Zimbabwe ayant maintenu le second tour malgré le retrait de M. Tsvangirai, les pays occidentaux du Conseil avaient souhaité "envoyer un message fort" aux pays africains avant leur sommet, selon un de leurs diplomates.

"Le Conseil de sécurité a envoyé lundi, unanimement, un message très clair aux autorités du Zimbabwe: la tenue d'une élection libre et régulière ce 27 juin était impossible", a rappelé l'ambassadeur de France à l'ONU, Jean-Maurice Ripert.

"Aujourd'hui, le gouvernement du Zimbabwe a choisi d'ignorer ce message et de confisquer la démocratie. Ce scrutin a perdu toute légitimité, comme le pouvoir qui en sera issu", a-t-il ajouté.

"Nous espérons que la réunion de l'Union africaine permettra de trouver une solution à la crise. Dans le cas contraire, la France, en liaison avec ses partenaires de l'Union européenne, est prête à envisager des mesures supplémentaires dans le cadre du Conseil de sécurité pour faire entendre raison à M. Mugabe", a conclu M. Ripert.

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