MALAISIE - OPPOSITION

Le chef de l'opposition accusé de sodomie

Le chef de l'opposition malaisienne Anwar Ibrahim s'est refugié à l'ambassade turque à Kuala Lampur après avoir été a accusé de sodomie. Pour lui, cette accusation est une "fabrication" destinée à le mettre hors-jeu politiquement.

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Le chef de l'opposition malaisienne, Anwar Ibrahim, s'est réfugié dimanche à l'ambassade de Turquie à Kuala Lumpur après avoir été une nouvelle fois accusé de sodomie, une accusation qui lui avait valu six ans de prison en 1998.

Dans un communiqué, M. Anwar a qualifié de "fabrication totale" la plainte déposée dimanche contre lui par un de ses collaborateurs de sexe masculin âgé de 23 ans. Il a estimé qu'il s'agissait d'une tentative pour contrer le spectaculaire retour sur la scène politique qu'il a effectué lors des élections législatives du 8 mars dernier.

"Je crois que nous assistons à une répétition des méthodes utilisées contre moi en 1998 quand des allégations fausses ont été faites sous la contrainte", a déclaré M. Anwar.

Le chef de l'opposition a indiqué qu'il avait reçu des menaces et s'était réfugié à l'ambassade de Turquie à l'invitation de l'ambassadeur.

"On m'a dit que mon assassinat n'avait pas été exclu, comme moyen de tromper la volonté du peuple et de mettre fin aux transformations qui sont en cours en Malaisie", a-t-il ajouté.

En 1998, M. Anwar, alors vice-Premier ministre, avait été démis de ses fonctions et condamné à la prison sur des accusations de sodomie et de corruption qui avaient selon lui des motivations politiques.

Après avoir passé six ans en prison, il avait été libéré en 2004 lorsque sa condamnation pour sodomie avait été annulée.

"Ces actions se répètent aujourd'hui pour saper les forces de la réforme et du renouveau qui ont été libérées par les élections de mars 2008", a estimé M. Anwar.

Le Premier ministre Abdullah Ahmad Badawi, dont le gouvernement a été ébranlé par le résultat des législatives, marquées par une progression substantielle de l'opposition, a nié toute implication des autorités.

"Nous n'avons pas de plans pour lui faire quoi que ce soit simplement parce qu'il dit qu'il a effectué un retour politique", a déclaré le Premier ministre au cours d'une conférence de presse.

La police a indiqué qu'elle allait mener une enquête. "Pour le moment, il ne s'agit que d'une allégation", a souligné Bakri Zinin, chef du département d'investigation criminelle.

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