Accéder au contenu principal

Mugabe : "Nous nous dirigeons vers une victoire écrasante"

"Selon les résultats, nous avons gagné dans les 26 circonscriptions d'Harare, bastion du MDC, contre une seule remportée en mars", a déclaré le président sortant. Les observateurs africains parlent d'un scrutin non libre.

Publicité

Regardez le reportage de Caroline Dumay et Alex Duval-Smith réalisé à la frontière entre le Zimbabwe et l'Afrique du Sud, "Fuir le Zimbabwe à tout prix"

Consultez aussi notre dossier consacré à l'élection présidentielle au Zimbabwe


Le président zimbabwéen Robert Mugabe devait être déclaré vainqueur dimanche d'une élection où il était le seul candidat, alors que les appels montent pour que l'investiture du plus vieux chef d'Etat d'Afrique ne soit pas reconnue par l'Union africaine, réunie en sommet.

Tandis que M. Mugabe, 84 ans dont 28 au pouvoir, a crié victoire sans attendre la publication officielle des résultats, la Commission électorale du Zimbabwe (ZEC) affirmait attendre encore la collecte des voix en provenance des 9.000 bureaux de vote.

"Nous recevons encore les résultats des différentes circonscriptions", a déclaré dimanche à l'AFP le porte-parole de la ZEC, Utloile Silaigwana. "Il est impossible de dire (quand l'issue du scrutin sera annoncée) parce que certains doivent venir d'endroits reculés", a-t-il affirmé.

Mais tout allait dans le sens d'une investiture proclamée dès dimanche, afin que M. Mugabe se rende en tant que chef d'Etat au sommet de l'Union africaine (UA) en cours à Charm el-Cheikh (Egypte).

Des tentes pour la cérémonie étaient déjà dressées dans les jardins de la présidence, a constaté l'AFP. Et l'ancien héros de la lutte contre la suprématie blanche, qui dirige le pays depuis l'indépendance en 1980, a proclamé dès samedi "une victoire écrasante".

"Je vous remercie pour la façon dont vous avez voté, nous avons remporté une victoire écrasante", a-t-il déclaré lors des obsèques de la grand-mère de son épouse dans le village de Chikomba, au sud de Harare, selon des images retransmises par la télévision d'Etat.

"A Harare, où nous avons été battus dans toutes les circonscriptions sauf une aux élections générales de mars, cette fois pas même une seule d'entre elles n'est allée" au Mouvement pour le changement démocratique (MDC, opposition), a-t-il ajouté.

Le régime a déchaîné les violences contre les partisans de l'opposition, ou supposés tels, après sa déroute aux élections générales du 29 mars, où il avait perdu sa mainmise sur le Parlement.

Le leader de l'opposition Morgan Tsvangirai, alors arrivé largement en tête au premier tour de l'élection présidentielle, s'était retiré il y a une semaine de la course à la présidence, cédant face à "une orgie de violences".

Selon lui, 200.000 personnes ont été déplacées, 10.000 blessées et 90 membres du parti d'opposition tués depuis le 29 mars.

La mission d'observateurs du Parlement panafricain (PAP) a dénoncé dimanche un scrutin "ni libre ni équitable", appelant à l'organisation de nouvelles élections.

"L'environnement politique dans le pays était tendu, hostile et instable (...) et la campagne électorale a été marquée par un degré élevé d'intimidations et de violences, avec des personnes déplacées, des enlèvements et des vies perdues", a déclaré le chef de la mission du PAP, Marwick Khumalo, lors d'une conférence de presse à Harare.

Si le PAP avait déjà dénoncé les violences dans l'entre-deux tours, l'UA est restée très prudente. Le sommet de Charm el-Cheikh, appelé par les puissances occidentales à dénier toute légitimité au gouvernement issu du scrutin, était sous pression dimanche.

Selon M. Tsvangirai, qui ne peut se rendre au sommet car les autorités zimbabwéennes refusent de renouveler son passeport, le président sud-africain Thabo Mbeki, médiateur régional au Zimbabwe, presse ses pairs de reconnaître la réélection de M. Mugabe.

"Promouvoir Mugabe dans ces circonstances va à l'encontre de l'opinion majoritaire de la communauté internationale, ignore le sentiment des Zimbabwéens et sape une fois de plus sa crédibilité en tant que médiateur" de l'Afrique australe au Zimbabwe, estime l'opposant dans le journal sud-africain Sunday Times.

Bien que les Occidentaux aient taxé le scrutin de "farce électorale", M. Mbeki s'est gardé de prendre position publiquement. Il a gagné Charm el-Cheikh dès samedi.

Dans un autre entretien accordé au Britannique Sunday Telegraph, M. Tsvangirai appelle à des négociations. "Nous devons amener le vieil homme (surnom respectueux de M. Mugabe en Afrique) à la table des négociations le plus vite possible", dit-il. "Il n'est pas inconcevable qu'un arrangement puisse voir le jour", ajoute-t-il.

"Le principe de base, poursuit-il, c'est comment les deux parties peuvent coexister, pour une brève période, via une transition qui permettra à tous d'élaborer une nouvelle Constitution et une nouvelle élection".

Page non trouvée

Le contenu auquel vous tentez d'accéder n'existe pas ou n'est plus disponible.