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Mugabe officiellement déclaré vainqueur de la présidentielle

Le président zimbabwéen Robert Mugabe a été officiellement déclaré vainqueur d'une élection présidentielle placée sous le signe de la violence et de l'intimidation. La cérémonie d'investiture s'est déroulée dimanche.

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Le chef de l'Etat sortant du Zimbabwe Robert Mugabe a été proclamé dimanche vainqueur de l'élection présidentielle, où il était seul en lice en raison du boycott de l'opposition, avec une écrasante majorité des suffrages.

"Je déclare en conséquence le dénommé Mugabe, Robert Gabriel, élu président de la République du Zimbabwe", a déclaré le responsable du scrutin à la Commission électorale du Zimbabwe, Lovemore Sekeramyi, après avoir procédé à la lecture des résultats province par province.

Au total, a précisé le responsable de la ZEC, M. Mugabe a obtenu 2.150.269 suffrages, contre 233.000 à l'opposant Morgan Tsvangirai.

Les résultats de chacune des dix provinces suivaient le même schéma, prévisible étant donné que M. Mugabe était le seul candidat en lice après le retrait de M. Tsvangirai, qui a jeté l'éponge face à l'ampleur de la répression.

L'ancien héros de la lutte contre la suprématie blanche, qui dirige le pays depuis l'indépendance en 1980, a proclamé dès samedi "une victoire écrasante".

"Je vous remercie pour la façon dont vous avez voté, nous avons remporté une victoire écrasante", a-t-il déclaré lors d'obsèques d'un membre de sa famille, selon des images retransmises par la télévision d'Etat.

Le régime a déchaîné les violences contre les partisans de l'opposition, ou supposés tels, après sa déroute aux élections générales du 29 mars, lors desquelles il avait perdu sa mainmise sur le Parlement.

Le leader de l'opposition Morgan Tsvangirai, qui avait raté de peu la majorité absolue au premier tour de l'élection présidentielle, s'est retiré il y a une semaine de la course à la présidence, cédant face à "une orgie de violences".

Selon lui, 200.000 personnes ont été déplacées, 10.000 blessées et 90 membres du parti d'opposition tués depuis le 29 mars.

La mission d'observateurs du Parlement panafricain (PAP) a dénoncé dimanche un scrutin "ni libre ni équitable", appelant à de nouvelles élections.

"La campagne électorale a été marquée par un degré élevé d'intimidations et de violences, avec des personnes déplacées, des enlèvements et des vies perdues", a déclaré le chef de la mission du PAP, Marwick Khumalo, devant la presse à Harare.

"Il est difficile de nier les allégations de violences orchestrées par l'Etat", a-t-il souligné. Le pouvoir impute la responsabilité des exactions à l'opposition.

Aucun observateur occidental n'a été accrédité pour le scrutin. Des équipes de la Communauté de développement d'Afrique australe (SADC, 14 pays) et de l'UA étaient toutefois également présentes.

Si le PAP avait déjà dénoncé les violences dans l'entre-deux tours, l'UA est restée très prudente. Le sommet de Charm el-Cheikh, appelé par les puissances occidentales à dénier toute légitimité au gouvernement issu du scrutin, était sous pression dimanche.

Le Premier ministre kényan Raila Odinga a de nouveau appelé l'UA à envoyer des troupes au Zimbabwe, qualifiant le président Mugabe de "honte pour l'Afrique".

L'envoi d'une "force internationale pour ramener la paix" au Zimbabwe serait justifiée, a également estimé le prix Nobel de la paix Desmond Tutu.

Et la Grande-Bretagne, l'ancienne puissance coloniale, a pressé les pays africains de "tout faire" pour évincer M. Mugabe du pouvoir.

Mais le président sud-africain Thabo Mbeki, médiateur régional au Zimbabwe et première puissance africaine, presse ses pairs d'entériner la réélection afin de préserver les chances de négociation, selon l'opposition zimbabwéenne.

Bien que les Occidentaux aient taxé le scrutin de "farce électorale", M. Mbeki s'est gardé de prendre position publiquement. Il a gagné Charm el-Cheikh dès samedi.

Un des plus fidèles alliés du président Mugabe, le chef de l'Etat angolais José Eduardo Dos Santos, a quant à lui délégué son Premier ministre au sommet de l'UA. Président en exercice de l'organe de sécurité de la SADC, l'Angola occupe une position clé pour toute intervention africaine au Zimbabwe.

Anticipant une absence de réaction du continent, M. Tsvangirai mettait l'accent dimanche sur des négociations qu'il souhaite mener pour une période de transition.

"Nous devons amener le vieil homme (surnom respectueux de M. Mugabe en Afrique) à la table des négociations le plus vite possible", a-t-il déclaré à un journal britannique. "Il n'est pas inconcevable qu'un arrangement puisse voir le jour".

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