HAUTE COUTURE - HOMME

Smalto, noblesse à l'italienne

Ann Demeulemeester habille les hommes en pensant aux jeunes. La maison Smalto revendique sa noblesse à l'italienne selon l'adage tel père, tel fils, tandis qu'Hermès fait l'éloge de la simplicité.

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Emanuel Ungaro a renoué samedi avec les couleurs vibrantes de la griffe pour une garde-robe fraîche et gaie, rappelant l'insouciance des années 60, tandis qu'Issey Miyake a exploré la jungle amazonienne pour un vestiaire aux nuances végétales.

Les deux maisons présentaient leur collection de prêt-à-porter masculin pour le printemps-été 2009 à Paris.

Dans la cour d'un lycée parisien, sur fond de toile rose fucshia, couleur-signature d'Emanuel Ungaro, le styliste Franck Boclet a mise en scène un homme déterminé, en pantalons à taille plutôt basse et légèrement trompette, chemises à petits imprimés, ou de couleur à cols et poignets blancs, petits polos, jeans et vestes aux poches en U (comme Ungaro), blousons d'aviateurs.

Les couleurs claquent: le fucshia, l'orange, le bleu cobalt, le violet égaient ce vestiaire destiné, selon le styliste, à "un homme du Paris des années 60, un peu dévergondé mais pas trop". Il a "un côté garçon bien propre sur lui" mais aussi "un côté bohème chic", une "fraîcheur yéyé", explique-t-il.

"J'avais envie de gaîté et de fraîcheur", ajoute Franck Boclet dont c'est la troisième collection pour Emanuel Ungaro.

Les deux précédentes portaient davantage la marque de la maison Smalto, pour laquelle il a longuement travaillé avant de rejoindre Ungaro. "La première saison, j'ai voulu montrer mes codes à moi", explique-t-il. "Pour la troisième saison, j'amène les fameux codes couleurs (d'Ungaro) à ma manière, et l'été était la meilleure saison pour le faire".

Chez Issey Miyake, on est loin de l'asphalte parisien. Le styliste Dai Fujiwara, qui trouve fréquemment son inspiration dans la nature, n'a pas hésité à se rendre en Amazonie pour une "chasse aux couleurs", explique-t-on dans son entourage. L'idée était de "retrouver les vraies couleurs de la végétation de la jungle, des rivières".

Une vidéo qui défile dans la salle où est exposée la collection montre Dai Fujiwara sur une embarcation au milieu d'un fleuve amazonien, en train de comparer une série d'échantillons de tissu aux teintes existant dans la nature. Il avait emporté avec lui quelque 3.000 échantillons de couleurs.

Cette expérience en Amazonie l'a conduit à dessiner une collection qui fait la part belle aux nuances de verts plutôt éteints, aux beiges, aux gris. Un ample pantacourt à motif végétal comme un camouflage s'accompagne d'une veste à grandes poches, des "empreintes" de peau de crocodile ou de serpents apparaissent sur les jeans, le rideau d'eau des chutes d'Iguazu est discrètement évoqué sur un manteau.

C'est "à la beauté de l'au-delà", qu'a songé le Croate Damir Doma. "Un lieu où les références et les lignes du temps se fondent en une seule, ou bien semblent s'évanouir complètement", selon un texte remis au public.

La collection de cet ancien assistant du styliste belge Raf Simons, présentée dans les jardins de l'ambassade de Roumanie, assume son caractère androgyne avec ses silhouettes d'hommes-chrysalides, drapés dans des mousselines, vêtus de pantalons donnant l'illusion de jupes portées avec un legging.

Déclinée en noir et en nuances de gris et de blancs, elle joue les asymétries, les découpes, les transparences, les superpositions d'où s'échappent des pans de mousseline ou des tresses, des lanières d'étoffe, pour des "structures labyrinthiques", des vêtements qui "bougent de manière aussi imprévisibles que la vie".
  

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