FRANCE - FUSILLADE

Dix-sept blessés dans une démonstration de tirs à Carcassonne

Dix-sept personnes ont été blessées, dont quatre grièvement, lors d'une démonstration d'opérations d'assaut dans une caserne de Carcassonne. Nicolas Sarkozy a prévu de se rendre au chevet des victimes.

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Le président Nicolas Sarkozy se rendra lundi matin au chevet des victimes du drame survenu dimanche au 3ème Régiment Parachutiste d'Infanterie de Marine de Carcassonne, a annoncé l'Elysée dans la nuit de dimanche à lundi.

Dix-sept personnes, quinze civils et deux militaires, ont été blessées, dont quatre grièvement, lorsqu'un militaire a ouvert le feu à balles réelles pour une raison inexpliquée lors d'une journée portes ouvertes dans une caserne de Carcassonne. Cinq enfants figurent parmi les blessés, a indiqué la préfecture de l'Aude. Le préfet de l'Aude, Bernard Lemaire, a précisé qu'un enfant figurait parmi deux blessés dont le pronostic vital est engagé.

L'état des personnes blessées semble "en voie d'amélioration", a déclaré à l'AFP le responsable des secours sur place, le docteur Gilles Hulard, du Samu-Smur de Carcassonne qui a précisé que les blessures avaient été causées par balles ou éclats de balles, notamment aux membres et aux articulations.

"Le plus gravement touché est un adulte atteint au thorax. Il est en cours d'intervention actuellement", a-t-il poursuivi.

"D'après nos confrères des CHU (où ont été hospitalisés les blessés), les patients les plus graves ont été stabilisés, y compris l'enfant de trois ans, très gravement blessé, et qui semble aller vers une voie d'amélioration", a ajouté Gilles Hulard.

L'auteur des coups de feu, un sergent du 3e RPIMa, a été placé en garde à vue.

Le ministre de la Défense Hervé Morin, arrivé dimanche soir à Carcassonne a estimé qu'il y avait "eu un dysfonctionnement", après avoir rendu visite à des victimes à l'hôpital. "Il s'agit de militaires expérimentés faisant partie de l'élite de l'armée de Terre. (...) j'entends bien faire en sorte que l'ensemble des conséquences de ce dysfonctionnement soient tirées", a-t-il dit. "Nous en tirerons toutes les conséquences et saurons en trouver toutes les responsabilités", a-t-il affirmé.

"Le drame a eu lieu sur une sorte de rectangle, recouvert de gravier, tout de suite à l'entrée de la caserne, à gauche de la porte d'entrée", selon des témoignages recueillis sur place par l'AFP.

Il s'est produit lors d'une démonstration de libération d'otages du Groupe de commandos parachutistes (GCP) du 3e Régiment de parachutistes d'infanterie de marine (RPIMa).

"La question qui se pose est +est-ce-que le militaire a fait un geste criminel ou pas?+. Pour l'instant, personne ne peut y répondre", a précisé le préfet.

Selon une source de la direction de la gendarmerie nationale, "des armes ont été saisies et mises sous scellé, et les auditions de plusieurs personnes ont débuté". "Toutes les hypothèses sont envisagées", a ajouté cette source.

Les blessés ont été transférés vers des hôpitaux à Carcassonne, Narbonne, Perpignan et Toulouse et le Plan rouge a été déclenché, a indiqué la cellule de crise à la préfecture de l'Aude.

Cinq hélicoptères, onze véhicules de soins des sapeurs pompiers et deux ambulances du Smur ont été mobilisés.

Le drame s'est produit peu avant 18h00 alors que se tenaient les Journées portes ouvertes, organisées samedi et dimanche à Carcassonne.

Dans un communiqué, le président Nicolas Sarkozy a annoncé qu'il attendait "au plus tôt le résultat des enquêtes déjà diligentées pour en tirer les conséquences qui seront exemplaires".

Il a assuré les familles de "toute sa sollicitude", indiquant qu'il "partage(ait) avec elles leur douleur à l'occasion de ce drame. Mes premières pensées vont aux victimes. Tout sera mis en oeuvre pour les soigner".

La brigade de recherches de Carcassonne, qui a reçu le renfort de la section de recherches de Montpellier, a été dépêchée sur place.

Le Premier ministre François Fillon a demandé "à la justice de faire toute la lumière sur les raisons pour lesquelles des tirs à balles réelles se sont produits lors d'une journée de démonstration au grand public des activités de cette base."

Le 3e Régiment parachutiste de marine (RPIMa) compte quelque 2.000 hommes.
 

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