MALAISIE - POLITIQUE

Le chef de l'opposition malaisienne quitte l'ambassade turque

Le chef de l'opposition malaisienne, Anwar Ibrahim, a quitté l'ambassade de Turquie à Kuala Lumpur où il s'était réfugié après de nouvelles accusations de sodomie, selon lui fabriquées de toutes pièces par le gouvernement.

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Le chef de l'opposition malaisienne, Anwar Ibrahim, a quitté lundi l'ambassade de Turquie à Kuala Lumpur où il s'était réfugié dimanche après avoir été accusé "d'actes de sodomie", a constaté un journaliste de l'AFP.

M. Anwar, 60 ans, était accompagné de son épouse et de sa fille lorsqu'il a quitté la mission diplomatique turque, selon la même source.

"Il n'y a aucune discussion concernant une arrestation, on va probablement le ramener chez lui. Le ministre de l'Intérieur et le Premier ministre adjoint ont donné des garanties pour sa sécurité. Nous prenons acte de cette assurance", a déclaré à l'AFP son avocat Sankara Nair.

Peu auparavant, M. Anwar avait lui-même annoncé lundi qu'il entendait quitter l'ambassade après avoir exigé dans la matinée des garanties du gouvernement sur sa sécurité comme préalable à sa sortie.

"Vous savez que j'ai été, par le passé, déjà battu quasiment à mort", a-t-il dit l'AFP.

Dans un communiqué transmis dimanche, M. Anwar a qualifié de "fabrication totale" la plainte déposée dimanche contre lui par un de ses collaborateurs de sexe masculin âgé de 23 ans.

La justice de Malaisie, pays à majorité musulmane, réprime la "déviance sexuelle et les pratiques répréhensibles" par de lourdes peines d'emprisonnement.

M. Anwar a estimé qu'il s'agissait d'une tentative pour contrer le spectaculaire retour sur la scène politique qu'il a effectué lors des élections législatives du 8 mars dernier.

"Je crois que nous assistons à une répétition des méthodes utilisées contre moi en 1998 quand des allégations fausses ont été produites sous la contrainte", a déclaré M. Anwar.

Le chef de l'opposition a indiqué qu'il avait reçu des menaces et s'était réfugié à l'ambassade de Turquie à l'invitation de l'ambassadeur.

En 1998, M. Anwar, alors vice-Premier ministre, avait été démis de ses fonctions et condamné à la prison sur des accusations de sodomie et de corruption qui avaient, selon lui, des motivations politiques.

Après avoir passé six ans en prison, il avait été libéré en 2004 lorsque sa condamnation pour sodomie avait été annulée.

 

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