EADS - JUSTICE

L'ex-PDG d'Airbus Gustav Humbert en garde vue

Après Noël Forgeard, Gustav Humbert, ex-pdg allemand d'Airbus, est à son tour poursuivi dans le cadre de l'enquête sur des délits d'initiés présumés au sein du groupe aéronautique européen EADS.

Publicité

L'ex-PDG allemand d'Airbus, Gustav Humbert, a été placé en garde à vue lundi dans le cadre de l'enquête sur de présumés délits d'initiés au sein du groupe aéronautique européen EADS pour lesquels deux anciens dirigeants du groupe, dont Noël Forgeard, sont déjà poursuivis.

M. Humbert, âgé de 58 ans, PDG d'Airbus entre juin 2005 et juillet 2006, était entendu depuis 14H00 lundi par les policiers de la Brigade financière sur commission rogatoire des juges Xavière Simeoni et Cécile Pendaries, a-t-on appris de sources proches du dossier.

L'avocat de M. Humbert, Me Nicolas Morvilliers, n'a pu être joint par l'AFP. Dans l'entourage d'EADS, on n'a souhaité "ni confirmer, ni infirmer, ni commenter une instruction en cours".  

Il s'agit du troisième ancien dirigeant du groupe européen d'aéronautique et de défense à être entendu dans le cadre de cette instruction. Depuis le 30 mai, deux anciens dirigeants d'EADS, Noël Forgeard et Jean-Paul Gut, ont été mis en examen pour "délits d'initiés".

La garde à vue de M. Humbert peut durer au maximum 48 heures ou être interrompue à tout moment pour une éventuelle présentation aux juges au pôle financier du palais de justice de Paris.

Les magistrats peuvent ensuite décider de le mettre en examen ou de le placer sous statut de témoin assisté, statut intermédiaire entre simple témoin et mis en examen.

Selon un rapport de l'Autorité des marchés financiers (AMF), M. Humbert a vendu 160.000 actions EADS issues de ses stock-options en novembre 2005 et en a retiré environ 1,685 million d'euros.

Contrairement à MM. Forgeard et Gut, qui avaient cédé la totalité de leurs actions à l'occasion des deux périodes de cession autorisées, en novembre 2005 et mars 2006, M. Humbert a vendu l'ensemble de ses actions lors de la première de ces deux fenêtres de cession.

Il est soupçonné d'avoir bénéficié d'informations privilégiées sur les perspectives financières du groupe aéronautique et de défense européen ainsi que sur des retards affectant les programmes du très gros-porteur A380 et du long-courrier A350.

M. Humbert a 30 ans quand il entre, en 1980, chez l'avionneur allemand Messerschmitt-Bölkow-Blohm (MBB), où il grimpe progressivement les échelons.

En 1990, il rejoint Airbus où il dirige pendant quatre ans l'usine de Hambourg, deuxième pôle de l'avionneur après Toulouse. En 2005, il devient le premier PDG allemand d'Airbus, jusqu'alors présidé par des Français.

En tout, 17 dirigeants et anciens dirigeants français et allemands d'EADS et d'Airbus, sa principale filiale, sont soupçonnés de délit d'initié par l'AMF.

Parmi eux figurent l'actuel patron d'Airbus, l'Allemand Thomas Enders, ou encore les Français François Auque, PDG de la filiale espace d'EADS Astrium, et Fabrice Brégier, ancien PDG d'Eurocopter, aujourd'hui chez Airbus.

Jusqu'à présent, aucun dirigeant allemand n'avait été placé en garde à vue dans ce dossier par la police, qui a concentré son action sur d'anciens dirigeants français. M. Humbert, comme Thomas Enders, l'actuel président d'Airbus, avait par contre été longuement auditionné par l'AMF, le "gendarme de la Bourse".

Un an et demi après l'ouverture de l'enquête judiciaire, cette troisième garde à vue intervient dans un contexte difficile pour le groupe, en proie à des tensions entre Français et Allemands et de nouveaux retards de livraison de l'A380.

Le résumé de la semaineFrance 24 vous propose de revenir sur les actualités qui ont marqué la semaine