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L'ombre du Zimbabwe plane sur le sommet de l'Union africaine

Si le thème officiel du 11e sommet des chefs d'Etat et de gouvernement de l'UA est "l'eau et l'assainissement", l'événement de cette première journée est la venue du président zimbabwéen, Robert Mugabe.

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Le onzième sommet de l’Union africaine s'est ouvert ce lundi, à Charm el-Cheikh, en Egypte, sur fond de crise zimbabwéenne. 

 

En ouverture du sommet, le commissaire de l'Union africaine, Jean Ping, a souhaité que l'Afrique "assume ses responsabilités et fasse tout ce qui est en son pouvoir pour aider les parties zimbabwéennes à travailler ensemble pour surmonter les problèmes du pays".
 

 "C’est symboliquement très important que le Zimbabwe soit officiellement à l’ordre du jour", constate Alex Duval Smith, correspondante FRANCE 24 en Afrique du Sud.

 

L’eau et l’assainissement devaient être les thèmes principaux au menu des dirigeants. Mais après un long silence gêné de l’institution, la crise politique au Zimbabwe, provoquée par la réélection controversée de Robert Mugabe dimanche, a bouleversé l’agenda du sommet et relégué la problématique de l’eau au second plan.

 

Là où la venue du président zimbabwéen provoquait auparavant des concerts d’ovations de la part de ses homologues africains, son arrivée, ce lundi, a été plutôt discrète.

 

Les puissances occidentales et l’opposition zimbabwéenne placent de grands espoirs dans ce sommet de l’Union africaine. "Il n’y a que les pays d’Afrique qui peuvent faire quelque chose", affirme cependant Alex Duval Smith. Mugabe, dont la lutte contre l’influence des pays occidentaux constitue l’éternel cheval de bataille, "n’écoutera jamais un occidental", ajoute-t-elle.

 

L’UA risque de rester timide

 

Selon la journaliste, "il ne faut pas attendre une condamnation retentissante de la part de l’Union africaine". Pas de condamnation ferme, encore moins d’intervention militaire, comme le voudraient les pays occidentaux. "Que feraient les troupes au Zimbabwe ?" interroge Alex Duval Smith. "L’UA n’a envoyé des forces qu’une fois, c’était aux Comores et il y avait un conflit. Là, il n’y a pas de combats."

 

Louis Magloire, journaliste pour le quotidien camerounais Le Messager, joint par FRANCE 24, acquiesce sans complaisance : "Ce serait illusoire de penser que l’Union africaine peut faire quelque chose. Elle est trop lointaine, trop faible politiquement. L’actuel président de l’Union africaine, Jean Ping, est un ‘Mbeki bis’, il évite de fâcher des chefs d’Etat, il est trop consensuel. Ce n’est pas de lui qu’on peut attendre une condamnation ferme."

 

Les pays occidentaux souhaitent pourtant que l’Union africaine ne reconnaisse pas Robert Mugabe en tant que chef d’Etat. "C’est impossible", déclare Alex Duval Smith. "Comment une médiation serait-elle possible ? L’Union africaine doit garder une porte entre-ouverte, si elle paraît faible en reconnaissant l’élection de Mugabe, c’est qu’elle a de bonnes raisons."

 

Et de poursuivre : "Comme toujours en Afrique, tout se passe en coulisses. Tous les médiateurs envoyés au Zimbabwe, Haïlé Menkerios, médiateur de l’ONU, le médiateur angolais, le chef d’Etat sud-africain Thabo Mbeki, ont déjà joué un rôle important. Ils continuent. On ne comprendra que plus tard les répercussions des négociations en coulisses."

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