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L'UA pour un gouvernement d'unité nationale au Zimbabwe

L'Union africaine appelle à "la création d'un gouvernement d'unité nationale" au Zimbabwe, tandis que le chef de la diplomatie française, Bernard Kouchner, annonce que l'UE n'acceptera qu'un gouvernement dirigé par l'opposant Tsvangirai.

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Le sommet de l'Union africaine (UA) a appelé mardi soir à Charm el-Cheikh à la formation d'un "gouvernement d'unité nationale" au Zimbabwe face aux pressions des Occidentaux exigeant des sanctions contre le président Robert Mugabe.

"La résolution a été adoptée par la conférence des chefs d'Etat après plus de deux heures de débats", a indiqué à l'AFP un haut responsable de l'UA qui suivait la réunion et a requis l'anonymat.

Selon le texte dont l'AFP a vu une copie, l'UA a décidé à la fin de son sommet "d'encourager Robert Mugabe et le leader du MDC (Mouvement pour un changement démocratique, opposition) Morgan Tsvangirai à initier le dialogue en vue de la promotion de la paix et de la stabilité".

Le sommet a également "soutenu l'appel à la création d'un gouvernement d'unité nationale et la médiation de la SADC (Communauté de développement d'Afrique australe)", indique le texte.

L'UA était pressée par l'ONU, les Etats-Unis et l'Europe de rejeter la réélection de M. Mugabe, qui s'est joint lundi au sommet au lendemain de son investiture, jugée illégitime par les Occidentaux.

Interrogé par des journalistes, George Charamba, conseiller à la presse de M. Mugabe, a répondu: "qu'ils aillent se faire pendre (...) Ils n'ont aucun droit sur la politique zimbabwéenne".

Les Etats-Unis ont rédigé un projet de résolution pour le Conseil de sécurité de l'ONU prévoyant des nouvelles sanctions contre le Zimbabwe. Selon l'ambassadeur américain à l'ONU, Zalmay Khalilzad, la résolution pourrait être présentée "dès cette semaine".

Washington a toutefois jugé mardi qu'il n'était "pas trop tard" pour que MM. Mugabe et Tsvangirai parviennent à un règlement politique de la crise.

De leur côté, les Européens se concertent sur "une palette" de mesures, incluant un durcissement des sanctions de l'Union européenne (UE) en vigueur, a indiqué Paris au premier jour de la présidence française de l'UE.

Conformément à la tradition de l'UA, généralement hostile à des sanctions ciblant ses membres, cette approche de la crise ne suscitait guère d'enthousiasme à Charm el-Cheikh.

Sans mentionner directement les Etats-Unis, le Commissaire à la paix et la sécurité de l'UA, Ramtane Lamamra, avait remarqué lundi soir que "les sanctions ne sont pas le meilleur outil dont dispose la diplomatie moderne".

Dès son ouverture, le sommet avait semblé pencher pour une solution de compromis à Harare, où M. Tsvangirai a quitté lundi l'ambassade des Pays-Bas où il avait trouvé refuge face aux violences du régime.

Interrogé sur d'éventuelles négociations entre MM. Mugabe et Tsvangirai, le conseiller de presse de M. Mugabe a affirmé "qu'il y a deux partis politiques au Zimbabwe qui sont prêts à discuter. Nous parlons du parti au pouvoir qui a offert un dialogue à l'opposition" et du parti de M. Tsvangirai.

Mais le numéro deux de l'opposition zimbabwéenne, Tendai Biti, a affirmé que le second tour de la présidentielle avait "anéanti toute perspective de solution négociée".

"Il n'y a aucune discussion (...) et, plus important, il n'y a aucun accord en perspective", a-t-il déclaré dans un communiqué, semblent contredire la position de M. Tsvangirai, qui avait estimé dimanche "pas inconcevable qu'un arrangement puisse voir le jour".

A Tokyo, le secrétaire général de l'ONU, Ban Ki-moon, a cité l'exemple du Kenya comme possible solution.

L'ancien secrétaire général de l'ONU, Kofi Annan, avait réussi à trouver un accord de partage du pouvoir à Nairobi, mettant fin à plusieurs semaines de violences à la suite des élections contestées de décembre, qui avaient ébranlé un des pays jusque là considéré comme l'un des plus stables d'Afrique.

Au Kenya, la sortie de crise était passée par la confirmation du président Mwai Kibaki à son poste et la création d'un poste de Premier ministre pour le chef de l'opposition Raila Odinga.

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