Accéder au contenu principal
LIBERATION - BETANCOURT

Ingrid Betancourt retrouve sa famille à Bogota

Texte par : Marie Sophie JOUBERT
6 min

Ingrid Betancourt a retrouvé ses enfants Lorenzo et Mélanie, sa soeur, Astrid Betancourt, ainsi que son ex-mari Fabrice Delloye à Bogota. Libérée mercredi, elle ne les avait pas vus depuis six ans.

Publicité

Retrouvez "La libération d'Ingrid Betancourt, vue de Bogota", sur le site des Observateurs.

Analyses, portraits, reportages : retrouvez également notre dossier spécial sur Ingrid Betancourt, otage des FARC.



L’ex-otage franco-colombienne Ingrid Betancourt a finalement retrouvé sa famille jeudi après plus de six ans de captivité. Les enfants de l’ancienne otage des FARC Mélanie et Lorenzo Delloye sont arrivés à Bogota avec la sœur d’Ingrid Betancourt, son ex-mari, et le ministre français des Affaires étrangères Bernard Kouchner.

"Mélanie est une jeune femme et Lorenzo un jeune homme", a confié Ingrid Betancourt à des journalistes alors qu’elle accueillait ses enfants.

Pour Lorenzo Delloye, la libération de sa mère est une victoire. "Quand j’ai entendu pour la première fois la nouvelle, je me suis rendu compte que j’allais enfin retrouver ma mère et que nous avions gagné. Nous allons continuer à nous battre pour la libération des autres otages des FARC", a-t-il ajouté. "Toute notre famille a tant attendu ce moment, et je suis étonné de voir qu’Ingrid est la même femme qu’auparavant - une femme très forte."

Betancourt a appelé le dirigeant vénézuélien Hugo Chavez et le président équatorien Rafael Correa à resserrer les liens avec le président colombien et a demandé aux autres pays de la région de réagir afin de libérer les autres otages.

Le ministre français des Affaires étrangères Bernard Kouchner a remercié le président colombien Uribe et tous ceux qui ont contribué à la libération d’Ingrid Betancourt et des 14 autres otages. "C’est un miracle de voir Ingrid avec nous, mais je ne peux pas m’empêcher de penser aux autres otages, toujours retenus par les FARC. Nous avons là une famille très forte, ils doivent désormais aider à la libération des autres otages", a-t-il déclaré à des journalistes présents à Bogota.

Le conseiller spécial de Nicolas Sarkozy a de son côté précisé que la France n’avait pas participé à l’opération militaire colombienne qui a conduit à la libération des quinze otages. "Dans cette opération en particulier, les Français ne sont pas intervenus", a déclaré Claude Guéant au cours d’une interview diffusée sur la chaîne de télévision France 3. "Nous avons appris l’issue de cette mission 15 minutes avant que les premières agences de presse colombiennes ne les rapportent."      
  
Ingrid Betancourt enfin libre

Ingrid Betancourt a été libérée mercredi 2 juillet aux côtés de 14 autres otages - 3 Américains et 11 Colombiens - au cours d'une opération militaire colombienne. La politicienne franco-colombienne Ingrid Betancourt est arrivée à l’aéroport de Bogota, où elle a été accueillie par sa mère, et a procédé à une assez longue déclaration. Elle est apparue en bonne santé, souriante.

"Je voudrais remercier Dieu et tous ceux qui ont pensé à moi, qui m’ont gardée dans leur cœur, qui m’ont accompagnée. A tous les Colombiens, les Français qui nous ont accompagnés partout dans leur cœur", a affirmé la Franco-Colombienne. "J’ai beaucoup prié, j’ai beaucoup pensé à ce moment. ", a-t-elle ajouté sur le tarmac de la base militaire de Catam, à Bogota. "L’opération de l’armée de mon pays, de l’armée colombienne a été absolument parfaite", a-t-elle ajouté en français.

Elle s'est également adressée à la France, en français : "Merci à ma douce France", a-t-elle dit, "merci de m'avoir accompagnée toutes ces années.

Elle a  tenu à remercier le président Nicolas Sarkozy  "qui a lutté pour moi avec ma famille, mes enfants, ma maman et ma soeur", mais aussi le président Jacques Chirac "qui nous a tendu la main dans les moments où lutter pour les otages en Colombie était politiquement inconvenant".

Le président Alvaro Uribe a salué, de son côté, le "travail magnifique des militaires" colombiens. "Sans qu'une goutte de sang n'ait été versée, sans qu'une seule balle n'ait été tirée, il y a 15 otages libérés, Ingrid Betancourt, les trois citoyens nord-américains et onze autres compatriotes", a-t-il rappelé. Il ne manque pas de mettre en avant le succès de cette "opération d'intelligence comparable aux plus grandes épopées épiques de l'histoire de l'humanité".

A Paris, le président français Nicolas Sarkozy, accompagné des enfants et de la sœur d’Ingrid Betancourt, Astrid, a remercié "le président Uribe, le pouvoir colombien et l’armée pour cette opération couronnée de succès."

Les trois otages américains ont atterri jeudi à San Antonio, au Texas. Marc Gonsalves, Keith Stansell et Thomas Howes, tous mercenaires, ont été capturés en 2003 après le crash de leur appareil au cours d’une mission de reconnaissance destinée à la lutte contre les narcotrafiquants dans la jungle.  

Une longue et méticuleuse opération militaire

Les forces armées colombiennes ont monté une audacieuse opération, nom de code "Check", qui impliquait l’infiltration du "premier cercle" des FARC, ont expliqué les autorités colombiennes. Au moyen d'agents infiltrés, l’armée aurait fait parvenir un faux ordre d'Alfonso Cano, le chef des FARC, aux geôliers des otages. Il aurait obtenu, de cette façon, que les otages soient réunis par leurs geôliers et transférés sur un site du sud du pays.

"Puis un hélicoptère civil, qui en réalité appartenait à l'armée nationale et avait à son bord des membres des services secrets, a libéré les otages dans le lieu de regroupement à proximité du département du Guaviare", a précisé le ministre de la Défense colombien.

Les geôliers ont immédiatement été "neutralisés et les otages sont actuellement libres", a annoncé le ministre de la Défense colombien, Juan Manuel Santos.

La Franco-Colombienne, ex-candidate écologiste à la présidence de la Colombie, était otage des FARC depuis six ans. Elle a été enlevée le 23 février 2002, en pleine campagne présidentielle alors qu’elle se rendait dans une zone extrêmement dangereuse, truffée de guérilleros.

Les guérilleros des FARC affaiblis

"La libération d’Ingrid Betancourt marque un nouvel épisode de la série noire que subissent les FARC", explique Pascal Drouhaud, spécialiste de la Colombie sur le plateau de FRANCE 24.

Depuis le début de l’année, les guérilleros montrent de plus en plus de signes de faiblesse.

Non seulement affaiblies par les offensives menées par les armées colombienne et américaine, les FARC ont perdu trois des sept membres de leur état-major au mois de mars, dont leur chef historique Manuel Marulanda.

Ces derniers mois, la guérilla a également dû faire face à une véritable hémorragie interne. Depuis le début de l’année, 1300 guérilleros ont déserté, parmi lesquels une de ses dirigeantes emblématiques, Nelly Avina, dite "Karina". Fières de compter 16 000 guérilleros en 2002, les FARC ne seraient plus, en 2008, que la moitié, selon l’armée colombienne.


Envoyez vos réactions après la libération de la Franco-Colombienne Ingrid Betancourt en cliquant ici.

Le résumé de la semaineFrance 24 vous propose de revenir sur les actualités qui ont marqué la semaine

Page non trouvée

Le contenu auquel vous tentez d'accéder n'existe pas ou n'est plus disponible.