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Bras de fer entre sidérurgistes et industriels

Le prix auquel les compagnies minières vendent le minerai de fer a pratiquement doublé depuis le début de l'année. Les sidérurgistes veulent à présent répercuter cette hausse sur leurs clients, dont les constructeurs automobiles.

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PARIS - Les constructeurs automobiles européens se sont mieux sortis des aléas économiques que leurs concurrents américains ces derniers mois mais leurs résultats pourraient bientôt être à leur tour durement touchés par la hausse des prix du pétrole et des matières premières.

 

Selon plusieurs analystes, PSA Peugeot Citroën, deuxième constructeur automobile européen derrière Volkswagen, et Renault pourraient ne pas atteindre leurs objectifs de marge opérationnelle. Ils estiment que les deux sociétés devront revoir leurs ambitions ou engager des compressions de coûts importantes.

 

"Il serait irréaliste de s'attendre à ce que Renault tienne ses objectifs" pour 2008 et 2009, estime Pierre-Yves Quemener, directeur de la recherche automobile chez Landesbanki Kepler.

 

"Les probabilités de 'manquement' croissent semaine après semaine face à l'inflation des coûts et à un environnement macroéconomique négatif pour les volumes", ajoute-t-il.

 

PSA publiera ses ventes semestrielles en volume mardi et Renault mercredi. Les deux groupes, qui présenteront leurs résultats sur la période fin juillet, ont refusé de donner des indications sur leur activité.

 

Sergio Marchionne, directeur général de Fiat, a pour sa part confirmé les prévisions de son entreprise cette semaine.

 

"Malgré ce qui se passe actuellement, nous maintenons nos perspectives de résultats et de capacité d'autofinancement pour 2008 mais nous les confirmons également pour 2009", a-t-il dit.

 

Depuis le 1er janvier, le prix du pétrole brut et ceux de certains aciers se sont appréciés de près de 50%.

 

"Nous surveillons le secteur jour après jour et bien que nous restions optimistes, tout en faisant de notre mieux, il est clair que l'environnement de marché s'est dégradé. Plusieurs signaux sont passé du vert à l'orange", a confié une source industrielle.

 

 

 

 VW DÉJÀ PASSÉ À L'ACTION

 

 Pour le cabinet J.D. Power Automotive Forecasting, les ventes des constructeurs européens devraient reculer de 4% cette année. "Les coûts flambent et la demande s'étiole vite, cela devient très difficile pour les constructeurs", déclare l'un de ses analystes, Jonathon Poskitt. Volkswagen a déjà réagi à l'évolution du paysage en annonçant en juin une accélération de son plan de réduction de coûts pour compenser la hausse du prix des matières premières. Le titre VW se paye 14,7 fois ses résultats attendus pour 2008 alors que la moyenne du secteur en Europe se situe autour d'un multiple de 7,3 d'après des données Reuters.

 

Contrairement à de nombreux constructeurs sanctionnés en Bourse depuis le début de l'année, Volkswagen résiste et affichait vendredi un parcours positif de 12,7%.

 

Ses perspectives 2008 sont modestes. Le groupe allemand souhaite seulement améliorer ses ventes et son bénéfice d'exploitation.

 

Les 26 analystes du consensus Reuters Estimates tablent eux sur une hausse moyenne du chiffre d'affaires de 3,4% et sur un accroissement du résultat opérationnel de 10,7%.

 

Les intermédiaires sont moins confiants pour les constructeurs français.

 

Le président du directoire de PSA, Christian Streiff, vise une marge de 3,5% cette année et de 5,5% à 6% en 2010, année d'aboutissement du plan stratégique "CAP 2010".

 

Les 19 analystes du consensus Reuters anticipent de leur côté une marge moyenne de 3,38% en 2008 et de 4,4% en 2010.

 

Chez Renault, le P-DG Carlos Ghosn veut atteindre 4,5% en 2008 et 6% en 2009, dans le cadre de son plan "Renault Contrat 2009". Le consensus de 21 analystes attend 4,3% cette année et 5,3% sur l'exercice suivant.

 

 

 

DOLLAR ET CO2

 

La stratégie des grands constructeurs se concentre sur le lancement de nouveaux modèles, souvent assemblés dans des pays dont les coûts de main d'oeuvre sont inférieurs à ceux pratiqués au sein des marchés matures, et sur une offensive au Brésil, en Russie, en Inde et en Chine.

 

A plus de 144 dollars le baril, le prix du pétrole est toutefois de nature à remettre en question l'achat d'un nouveau véhicule, y compris dans les pays émergents.

 

Pour d'autres majors tournées vers l'exportation comme Mercedes, filiale de Daimler, ou BMW, la glissade du dollar contre l'euro met les marges sous pression aux Etats-Unis, tandis que, dans de nombreuses régions du monde, des mesures environnementales strictes peuvent également faire craindre un ralentissement des ventes.

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