PAKISTAN - ONU

Une commission d'enquête sur la mort de Bhutto

Le Pakistan a trouvé un "accord de principe" avec l'ONU pour former une commission d'enquête sur l'assassinat de l'ex-Premier ministre Benazir Bhutto, tuée fin décembre pendant les législatives dans un attentat.

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Le Pakistan et l'ONU sont parvenus à un accord de principe pour former une commission d'enquête sur l'assassinat de l'ex-Premier ministre Benazir Bhutto, a annoncé l'ONU jeudi.

Dans un communiqué, l'Organisation internationale a indiqué qu'un accord de principe avait été trouvé entre son secrétaire général, Ban Ki-moon, et le ministre pakistanais des Affaires étrangères, Shah Mehmood Qureshi, sur la nature, la composition et les modalités de financement de cette commission.

L'accord garantit aussi un accès sans réserve à toute source d'information pertinente, ainsi que des éléments devant assurer "l'objectivité, l'impartialité et l'indépendance" de la commission, ajoute le communiqué.

Il précise que M. Ban a dit à M. Qureshi, en visite à l'ONU jeudi, que "des consultations complémentaires avec le Pakistan et avec d'autres membres de l'Organisation seraient nécessaires pour examiner les modalités et la structure" de la commission.

Le nouveau gouvernement du Pakistan avait demandé début juin à l'ONU de nommer une commission d'enquête sur l'assassinat de Benazir Bhutto.

Celle-ci, chef du Parti du Peuple Pakistanais (PPP), alors le principal parti d'opposition au Pakistan, a été tuée le 27 décembre à Rawalpindi, près d'Islamabad, dans un attentat suicide alors qu'elle faisait campagne pour les élections législatives.

A l'issue d'un meeting électoral, un homme avait tiré en direction de Mme Bhutto qui venait d'émerger du toit ouvrant de sa voiture blindée, l'avait manquée, mais avait fait exploser immédiatement la bombe qu'il portait sur lui.

Selon une enquête de la police criminelle britannique Scotland Yard, sollicitée par le président Pervez Musharraf, le souffle de l'explosion avait projeté la tête de Mme Bhutto sur le bord du toit ouvrant, provoquant une blessure mortelle.

Le pouvoir de M. Musharraf avait aussitôt incriminé Baïtullah Mehsud, considéré comme le dirigeant d'Al-Qaïda au Pakistan, et dont le groupe de talibans pakistanais est accusé d'avoir commis la majorité des attentats --suicide pour la plupart-- qui ensanglantent le pays et ont fait déjà près de 1.100 morts en un peu plus d'un an.

Mais le PPP avait mis en doute cette thèse, accusant des proches du pouvoir d'alors et des services de renseignement, d'avoir commandité l'assassinat.

Le mari de la défunte, Asif Ali Zardari, qui a pris de facto la tête de son parti après sa mort, avait promis dès la formation du gouvernement issu des législatives du 18 février et dirigé par le PPP, de faire de cette demande d'enquête de l'ONU une priorité.
 

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