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LIBAN - ISRAEL

Israël enterre ses deux soldats

4 min

Des milliers d'Israéliens ont assisté aux funérailles militaires d'Ehoud Goldwasser et d'Eldad Regev, les deux soldats dont les restes ont été restitués mercredi par le Hezbollah.

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Alors que le Liban a passé la nuit à fêter le retour de cinq prisonniers libanais d’Israël, l’Etat hébreu enterre les dépouilles des deux soldats israéliens remis par le Hezbollah dans le cadre d’un échange de prisonniers mercredi.

 

A la mi-journée, des milliers de personnes ont assisté aux funérailles d’Ehoud Goldwasser. "C’est une journée d’amertume et de colère, après la façon dont s’est déroulé l’échange de prisonniers", explique Marc de Chalvron, correspondant de FRANCE 24 à Jérusalem. "Il est difficile d’éviter un sentiment d’humiliation et de défaite dans ce genre de cas." Beaucoup de commentateurs israéliens jugent "inhumaines" les conditions de l’échange des prisonniers.

 

Quelques heures plus tard, ils étaient des centaines à assister aux funérailles du second soldat, Eldad Regev. La cérémonie s’est tenue au cimetière militaire d’Haïfa, en présence du ministre de la Défense Ehoud Barak et des familles Goldwasser et Shalit, dont le fils est détenu depuis 2006 dans la bande de Gaza par le mouvement islamiste Hamas.
 

"Honte à la nation qui célèbre la libération d'une bête humaine qui a fracassé le crâne d'un bébé de quatre ans", a déclaré le Premier ministre israélien Ehoud Olmert, faisant référence à l’accueil enthousiaste réservé par le Liban à Samir Kantar, un Libanais condamné pour le meurtre de trois personnes en 1979.

 

Cet échange de prisonniers suscite également des craintes en Israël. Selon la correspondante de FRANCE 24 en Israël, Annette Young, les autorités israéliennes sont préoccupées par l’éventualité de nouvelles attaques du Hezbollah.

 

Par ailleurs, Israël est toujours sans nouvelles du pilote Ron Arad, dont l’avion a été abattu alors qu’il survolait le Liban en octobre 1986. Le Hezbollah estime que le pilote est très probablement mort.

 

Mort ou vif ?

 

Une des questions cruciales pour Israël est de savoir si les soldats israéliens étaient vivants au moment où ils ont été faits prisonniers par le Hezbollah. L’un des responsables du mouvement chiite libanais, Wafik Safa, a affirmé que les réservistes Ehud Goldwasser et Eldad Regev étaient déjà morts. Toutefois, de nombreux experts, notamment le porte-parole de l’armée israélienne Avital Leibovich, remettent ce scénario en doute.

 

Selon la presse israélienne, l’armée croit savoir que les deux soldats sont morts dans l’embuscade qui leur a été tendue. L’un des deux serait mort peu après l’incendie du véhicule militaire où ils prenaient place.

 

Citant des responsables militaires, le quotidien Jerusalem Post affirme que les deux hommes sont morts au cours de l’embuscade. L’un des deux, Ehud Goldwasser, aurait été blessé à la poitrine par une grenade. Eldad Regev aurait reçu une balle dans le crâne, peut-être alors qu’il tentait de s’extraire du véhicule.

 

Marc de Chalvron, envoyé spécial à la frontière israélo-libanaise, témoigne de la réaction de la population israélienne. "Le sentiment qui prédomine en Israël est la colère vis-à-vis du Hezbollah qui n’a jamais voulu confirmer la mort des soldats et qui a dit par la suite que ces deux soldats avaient bel et bien été capturés vivants. Comme pour enfoncer le couteau dans la plaie. Cette amertume et cette tristesse ne vont pas aider à la pacification de la région."

 
L’accueil des prisonniers libanais en héros
 

Au Liban, les cinq prisonniers libérés, vêtus des treillis des combattants du Hezbollah, ont été accueillis en héros mercredi. Le président Michel Sleimane est venu les accueillir à leur descente d'hélicoptère, accompagné du Premier ministre Fouad Siniora et du président du Parlement Nabih Berri. Une immense foule les a accueillis dans la banlieue sud de Beyrouth, bastion du Hezbollah.

 

"Ici, c’est la victoire du Hezbollah. Mais pas seulement", commentait alors Isabelle Dellerba, correspondante de FRANCE 24 à Beyrouth. "Toutes les factions politiques ont participé à l’événement. Et toutes les institutions privées et publiques ont été fermées pour l’occasion."

 

D’ailleurs, des représentants de toutes les communautés religieuses (druze, sunnite, chiite, chrétienne) étaient également présents à l’aéroport.

 

Le chef du mouvement chiite Hezbollah, Hassan Nasrallah, est quant à lui apparu en personne devant des dizaines de milliers de partisans dans la banlieue sud de Beyrouth, lors de la cérémonie d'accueil des cinq prisonniers libérés. "Ce peuple ne peut jamais être vaincu", a-t-il lancé avant d'ajouter : "Le temps des défaites est révolu, c'est maintenant le temps des victoires".

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