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L'UE fait pression sur Sofia

La Commission européenne publie un rapport qui menace de bloquer l'entrée de la Bulgarie dans Schengen et la zone euro, si elle ne s'attaque pas à la corruption qui mine le pays.

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La Commission européenne veut faire peur à la Bulgarie en gelant de nouveaux fonds européens et en menaçant de bloquer son entrée dans Schengen et la zone euro, pour l'obliger à s'attaquer enfin à la corruption qui mine le pays.

Dans un projet de rapport qui doit être publié mercredi par la Commission, Bruxelles insiste sur les "nombreuses faiblesses" du système judiciaire bulgare et sur le "manque de volonté" et "le manque de capacité" des autorités pour lutter contre la corruption, selon un diplomate.

Une lettre envoyée cette semaine par l'organe anti-fraude européen Olaf aux autorités bulgares et révélée par la presse évoque également "des responsables influents" au sein du gouvernement bulgare qui n'auraient "pas intérêt à punir" certains cas de corruption impliquant les hautes sphères du pouvoir.

Cette situation pourrait avoir "des conséquences" sur l'entrée du pays dans l'espace Schengen - espace sans contrôle aux frontières-, qui compte déjà 24 pays et que les Bulgares espèrent rejoindre en 2011, estime la Commission dans son rapport, cité par plusieurs sources diplomatiques.

Cette corruption menace aussi les chances de la Bulgarie d'entrer un jour dans la zone euro.

"Les Bulgares veulent que leur pays soit membre à part entière de l'UE. Je n'imagine pas que les dirigeants politiques veuillent décevoir ces attentes. La Bulgarie va essayer de rectifier le tir. Cela va prendre du temps", a commenté jeudi la commissaire bulgare, Meglena Kouneva.

Depuis son entrée dans l'UE le 1er janvier 2007, la Bulgarie est sous stricte surveillance de Bruxelles dans plusieurs domaines: système judiciaire, gestion des fonds européens, sécurité alimentaire et sécurité aérienne.

Si des progrès ont été enregistrés dans les deux derniers secteurs --les restrictions sur les licences de vol accordées par les autorités bulgares devraient d'ailleurs être levées--, dans les deux premiers les critiques européennes restent féroces.

Ainsi, Bruxelles a déjà gelé depuis début 2008 plusieurs centaines de millions d'euros de fonds de pré-adhésion à l'UE auxquels Sofia a encore droit.

Selon les médias bulgares, Bruxelles refuserait dorénavant de travailler avec deux agences gouvernementales chargées de la gestion de ces fonds.

Ces deux agences gèrent 560 millions d'euros, selon une source européenne. Si elles perdaient leur accréditation, ces fonds seraient bloqués. Mais une partie est déjà gelée et ces fonds auront de toutes façons "expiré en octobre", a noté un diplomate, minimisant l'impact d'une telle décision.

Malgré tout, le fait que la Commission publie simultanépment mercredi, pour la première fois, un rapport sur la corruption et un autre sur la gestion des fonds, montre bien qu'elle envisage des sanctions financières contre l'un des pays les plus pauvres de l'UE, explique une source européenne.

Si ce message n'était pas compris, la Commission pourrait, en plus des fonds pré-adhésion, utiliser "la bombe atomique" des milliards d'euros des fonds structurels, note un haut responsable de la Commission sous couvert d'anonymat.

 "C'est la dernière chance pour la Bulgarie", a commenté un diplomate, soulignant que les Etats membres, très enclins il y a quelques mois à défendre Sofia, faisaient preuve aujourd'hui de moins d'"indulgence".

La Roumanie, également sous surveillance stricte de Bruxelles depuis son entrée dans l'UE en janvier 2007, devrait elle échapper mercredi à de telles menaces.

"La Commission fait la différence entre les deux pays, mais il ne faut pas croire pour autant que tout va bien en Roumanie. Il n'y a pas eu de progrès en Roumanie, elle a fait du sur place, mais la Bulgarie a régressé", a noté un diplomate.

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