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Karadzic, il était plus que temps

Le gouvernement serbe savait depuis 13 ans où se cachait le responsable des pires crimes de purification ethnique de la guerre des Balkans. Son arrestation va réveiller de mauvais souvenirs. Pas seulement pour les victimes.

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Radovan Karadzic avec sa crinière argentée est le visage des pires moments de la guerre en ex-Yougoslavie. Le visage de la purification ethnique, cette méthode qui consiste à trier les populations par l’intimidation et la violence.

 

Au milieu des années 90, les Européens découvrent avec stupeur des images de convois, de déportations, de visages émaciés derrière les barbelés, comme un flashback insoutenable de la Seconde Guerre mondiale.

 

C’était cela Radovan Karadzic.

 

Mais Karadzic est aussi un très mauvais souvenir pour la communauté internationale. "Vous ne craignez rien, vous êtes protégés par l’ONU", avait-on promis aux 8 000 musulmans massacrés à Srebrenica en juillet 1995 par les sbires de Karadzic.

 

La communauté internationale a été alors incapable d’arrêter Karadzic. Grâce à la nouvelle attitude adoptée par le pouvoir serbe, elle va enfin pouvoir le juger. Mais un procès Karadzic fera immanquablement revivre cette minute infamante où les Casques bleus de Srebrenica ont laissé passer les bourreaux.

 

Tout le crédit va donc à Belgrade et au nouveau gouvernement désireux de solder le passé pour se rapprocher de l’Union européenne (UE).

 

Karadzic arrêté quelques semaines après l’arrivée d’un nouveau gouvernement et quelques heures après l’arrivée d’un nouveau chef de la police secrète, cela veut dire clairement que l’ancien gouvernement et l’ancien chef de la police secrète le protégeaient. Comme ils protégeaient le général Mladic et le protègent peut-être encore.

 

La pression va monter dans les heures qui viennent pour l’arrestation de Mladic, le bras armé du chef politique Karadzic.

 

Il reste un obstacle pour un rapprochement définitif Serbie-UE, c’est le Kosovo. Mais c’est un dossier négociable. Le cas de Radovan Karadzic, lui, ne l'était pas. Les Serbes ont fini par le comprendre après 13 ans. Il était plus que temps.
 

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